La problématique de l’abandon scolaire précoce au Maghreb, sous la loupe des experts

13-11-2019

L’association des recherches et études pour l’union du Maghreb Arabe a ouvert ce mercredi 13 novembre, le 6ème  forum maghrébin, autour du thème «  la réforme de l’éducation et de l’enseignement supérieur au Maghreb : défis et rapprochements ».

En marge de ce forum organisé en partenariat avec la fondation Hanns Seidel, l’ancien secrétaire général du Conseil économique et social, Saïd Bhira a révélé des chiffres alarmants concernant le décrochage scolaire au Maghreb, soit 100 000 élèves qui quittent l’école chaque année en Tunisie, 120 000 en Algérie, et 222 000 au Maroc…

« L’abandon scolaire est parmi les principales problématiques qu’on devrait traiter, car ses retombées sont graves sur la jeunesse en général, et la rend plus fragile et influençable par la démagogie et l’extrémisme ». « Les enfants qui ont quitté tôt l’école, se dirigent généralement vers des activités illégales… », a-t-il déploré.

Ce phénomène revient à plusieurs causes qui ne sont pas propres à la Tunisie, a affirmé l’universitaire algérien, Youssef Guesmi.

« C’est toute une mentalité qui a changé, les jeunes ne donnent pas la même valeur à l’éducation et à la culture qu’auparavant. Les jeunes chosifient le succès, et le lient désormais à la richesse. Ils s’intéressent désormais au gain facile, et n’ont plus confiance à l’ascenseur social… »

Soulever les causes  réelles de l’abandon scolaire revient à impliquer  les enseignants, les élèves et même leurs parents dans ce dialogue, a-t-il ajouté.

 L’ancien ministre de l’éducation, Ahmed Friaa, a évoqué les inégalités sociales et le déséquilibre entre les régions, qui amplifient ce phénomène surtout dans les zones les plus précaires de la Tunisie.

« Certains établissements scolaires souffrent de conditions déplorables. Les élèves des régions intérieures parcourent de longues distances pour rejoindre leurs classes. Il existe encore même des écoles qui ne disposent ni d’espace sanitaire, ni d’eau ».

En quittant l’école, les élèves se révoltent contre le système éducatif, et expriment leur insatisfaction des cours proposés, a-t-il ajouté. 

« D’après les études publiées par l’association, la plupart des élèves qui quittent l’école à un âge précoce, ont entre 6 ans et 14 ans, et ils sont plus créatifs et plus intelligents que ceux qui continuent leurs études. Ils sont juste différents, explique-t-il, et ont des penchants artistiques et d’autres centres d’intérêt… »

« Les problèmes de l’éducation ne sont pas seulement structurels, ils concernent notamment les cours et la pédagogie adoptés, qui ne sont plus en adéquation avec les exigences des métiers du futur ».

La plupart des métiers qui apparaitront dans 50 ans, ne sont pas connus actuellement, a-t-il répliqué.

Friaa a appelé à repenser tous les programmes scolaires et universitaires afin qu’ils correspondent plus aux tendances culturelles et aux intérêts des jeunes, qui s’avèrent plus attirés par les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle.

D’autre part, Ali Haouet professeur de l’université du Maghreb Arabe, a révélé qu’une équipe de chercheurs est en train d’étudier le phénomène du décrochage scolaire précoce, sur un échantillon de 500 élèves issus des différents pays du Maghreb, afin d’en découvrir les vraies raisons.

Emna Bhira

 

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