Braquages : Des Tunisiens analysent les causes de ce fléau et proposent des solutions (Vidéo)

24-01-2020

La situation sécuritaire est au centre de l’actualité en Tunisie, sur fond d’une montée de  délits et crimes attentatoires à l’ordre public. Braquages et agressions à l’arme blanche se sont multipliés ces derniers temps, la rue tunisienne en parle, et s’en méfie.

Ce phénomène a même interpellé le président de la République, Kais Saied, qui, lors d’une entrevue avec le  ministre de l’intérieur, Hichem Fourati, a appelé à la fermeté en matière d’application de la loi, et de sécurisation des lieux publics, comme les stations de transport en commun et les environs des écoles.

En effet, un enchaînement de faits a plongé les citoyens dans l’inquiétude, et même dans la peur. C’est ce que Gnetnews a pu constater en interpellant des passants à l’avenue Habib Bourguiba…

«La justice tunisienne doit durcir la sanction dans les affaires des agresseurs et des braqueurs », a commenté un quinquagénaire.

« Ce phénomène a pris de l’ampleur après la révolution.  Désormais, la police tunisienne a les mains liées. Les agents de sécurité ne peuvent plus intervenir librement et frapper fort contre ce phénomène, une chose qui était évidente auparavant. Sinon, ils seront accusés de reprendre les techniques de Ben Ali… », nous confie-t-il.

Concernant les causes ayant alimenté cette spirale de violence, un autre passager a imputé ce phénomène au chômage, à l’inflation et aux conditions économiques déplorables des agresseurs. « L’Etat est entre autre responsable de la montée des braquages. Il faut penser à donner une source de revenu à ces personnes, et leur créer des emplois », recommande-t-il.

Gnetnews a demandé l’avis de deux jeunes hommes assis autour d’un café dans une terrasse au centre-ville.

L’un d’eux, nous a confié que son téléphone a été volé à bord du métro à la gare routière de Beb Alioua, il y a 6 mois.

  « Les vols deviennent de plus en plus fréquents après 18h, lorsque les rues deviennent plus obscures. A ce moment-là, les voleurs profitent du vide, et repèrent les passagers solitaires…Les gares sont les plus ciblées, et les endroits où il y a le plus de foule, comme à l’Avenue de Carthage… », a-t-il souligné.

A cet égard, un agent de police ayant requis l’anonymat nous a indiqué que « ce fléau provient aussi de la collaboration des avocats, qui profitent de certains vices de forme, ou encore de petites failles dans les procédures, ce qui entraîne la libération rapide des braqueurs, de la part des juges d’instruction ».

« Quant à l’Etat, il doit penser à équiper les rues principales et les petites ruelles, avec des caméras de surveillance, pour produire des arguments solides, à même de conforter les avocats de la partie civile. Les citoyens sont appelés aussi à collaborer, en dénonçant de tels actes à la police, avec des preuves à l’appui… », a conclu cet agent de la police.

Retrouvez notre reportage ci-dessus.

Reportage réalisé par Emna Bhira et Wissal Ayadi