La Tunisie devra rattraper son retard digital, selon les experts

19-02-2020

« Si jamais il y aurait une troisième guerre mondiale, ce serait la guerre de l’intelligence artificielle. » C’est ce qu’a souligné le président général de HONORIS Groupe, Khaled Ghedira à l’occasion du salon professionnel « Smart Industrie 2020 », qui a démarré ce mercredi 19 février 2020, à l’hôtel Laico Tunis.

Cette citation qui appartient à Elon Musk, PDG de la société internationale TESLA, classé également par le magazine FORBES la 54ème personne la plus riche au monde, montre l’importance de rattraper en urgence, le retard que connait la Tunisie en matière de digitalisation et de numérisation de son industrie.

Ghedira a appelé le prochain gouvernement à « mettre en place une stratégie nationale pour instaurer l’intelligence artificielle en Tunisie, car elle touche tous les domaines de la vie notamment la santé, la recherche scientifique, et les services… ».

Par la même occasion, le PDG de la société COFICAB, Hichem Elloumi, a rappelé que « l’instrument de mise à niveau industrielle est l’un des meilleurs moyens ayant permis à l’industrie tunisienne de s’améliorer surtout face à l’ouverture des frontières et l’accord d’association avec l’Union Européenne (UE »).

« Cela a permis à la Tunisie de devenir en 2010, le premier pays industriel exportateur des produits industriels qui vont du Sud de la Méditerranée vers l’Europe. Actuellement, la Tunisie est classée malheureusement deuxième après le Maroc… », ajoute-t-il.  

En tant que membre du comité de pilotage de mise à niveau, Elloumi a appelé à « introduire dans tous les programmes de mise à niveau la composante « industrie future ». Il a même recommandé « d’intégrer dans chaque secteur industriel, comme l’agroalimentaire, le textile, et la mécanique une composante axée sur l’industrie de l’avenir ».

Par ailleurs, l’ambassadeur d’Allemange, Andras Reinick, qui était aussi présent pour inaugurer le lancement de cette manifestation, a souligné que «  l’Allemagne considère la Tunisie comme une base solide de coopération ».

« D’ailleurs dans le cadre de la coopération industrielle tuniso-allemande, avec l’APII, le gouvernement et l’agence de coopération allemande (GIZ), il y a eu l’ouverture de 3 centres digitaux (Sfax, Tunis, Sousse), qui ont pour objectif de rassembler les forces dans les directions de consulting dans les entreprises », a-t-il relaté.

 Selon lui, « l’Allemagne a l’intention de développer des stratégies avec tous ses partenaires, et d’instaurer un partenariat technologique et digital avec la Tunisie ».

L’ambassadeur allemand a rappelé également que « le nombre des entreprises allemandes en Tunisie ne cesse de s’accroitre. Leur nombre est passé de 250 entreprises en 2012 à 270 en 2019. Quant au nombre des employés tunisiens qui y travaillent, il est passé de 55 000 en 2012 à 77 000 en 2019 ».

Le ministre de l’Industrie et des PME, Slim Feriani, a rappelé que « depuis l’année 2017, le gouvernement a fait de l’intégration de l’industrie 4.0 une de ses priorités ».

« Cette initiative fait partie des plus grands chantiers du gouvernement, et du secteur privé, notamment des entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables. Dans ce contexte, il y a eu la création de ces grandes manifestations comme le salon de la smart industrie, la mise place d’un programme de coopération avec la GIZ, pour sensibiliser 1000 entreprises à l’importance de la digitalisation. Ainsi, plus de 500 cadres ont été formés, 100 sociétés ont bénéficié d’accompagnement pour qu’elles puissent enfin adopter les nouvelles technologies ».

En effet, « Industrie 4.0 : une transition en marche », est la thématique de la deuxième édition de ce salon international qui se poursuit demain jeudi 20 février. 

Cet événement biennal « Smart Industrie » est organisé par l’agence de la coopération allemande GIZ, sous l’égide du Ministère de l’Industrie et des PME et l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII).

Emna Bhira