Ennahdha appelle Kaïs Saïed « à franchir des pas pour rassurer les Libyens »

29-06-2020

Le président du Conseil de la Choura d’Ennahdha, Abdelkarim Harouni, a annoncé ce lundi 29 juin que « le 11ème congrès ordinaire du mouvement allait se tenir vers la fin de 2020 », signalant que la date exacte sera arrêtée en fonction de l’évolution de la situation.

Lors d’une conférence de presse ce lundi au terme de la 40ème session du Conseil de la Choura, tenu ce week-end à Hammamet, il a affirmé que « ces assises débattront des contenus et des motions ». « Nous allons renouveler le projet d’Ennahdha, et en développer le projet et le discours ; nous allons passer d’une génération à une autre, avec une présence des femmes et des jeunes », a-t-il dit, qualifiant Ennahdha d’ »une force de stabilité dont les affaires intéressent tant ceux qui sont pour la démocratie, que ceux qui en sont contre ».

« Le congrès sera un couronnement de cinquante ans de militantisme d’Ennahdha, il revêt une importance particulière, c’est un évènement national qui intéresse les Tunisiens et le monde », a-t-il souligné, estimant que « deux motions juridiques seront élaborées pour régir les travaux de la commission des préparatifs matériels, et celle du contenu ».

Il a, par ailleurs, déclaré que le statut de base du mouvement met fin au rôle de l’actuel président au 11ème Congrès. « Ennahdha et la Tunisie ont encore besoin de Rached Ghannouchi ;  il aura un important rôle au sein du mouvement et de l’Etat qui reste à déterminer ».

La Libye n’est pas l’Afghanistan

Au sujet de la situation en Libye, il a affirmé que « le conseil a réitéré son appui à la légalité internationale et au gouvernement d’union nationale de Faez el-Sarraj ». « Comme, il a exprimé son rejet de toutes les ingérences étrangères, et son appui à tous les efforts visant à parvenir à un règlement politique de la crise. »

Interrogé sur la déclaration du président de la république à Paris, il a rétorqué qu’elle a suscité « une large consternation dans les milieux libyens ». « La Libye n’est pas à comparer avec l’Afghanistan (…), le président de la république, en tant que symbole de l’Etat et responsable de la politique étrangère, a un fort rôle à jouer dans la solution politique, ainsi que dans la préservation des intérêts suprêmes de la Tunisie à travers notamment la participation à la reconstruction de la Libye. »

Harouni a souhaité que « le chef de l’Etat franchisse des pas à même de rassurer les Libyens. »

Le président de Majless el-Choura a dit l’attachement de son mouvement à l’élargissement de la ceinture politique du gouvernement. « Ennahdha tâchera d’en convaincre le chef du gouvernement ».

Le dirigeant nahdhaoui a fait part de « la préoccupation profonde de son mouvement de la situation socio-économique, difficile et grave ». Toutes les parties doivent faire valoir le défi économique par rapport aux autres questions, après la hausse du chômage et de l’endettement, a-t-il indiqué en substance.

Gnetnews