Ettadhamen : Dans le quartier du 18 janvier, les familles vivent dans la peur des inondations

Publié le Vendredi 26 Janvier 2018 à 08:58
TAP - Les crues du mois de juin 2017, en plein Ramadan, ont marqué les esprits des habitants sinistrés du quartier du 18 janvier à la Cité Ettadhamen, agglomération de Tunis, au sein de laquelle la densité de la population, la pauvreté et le chômage, créent un sentiment d’étouffement et d’abandon.

Pourtant c'est depuis 2012, qu'une étude de projet de lutte contre les inondations dans cette cité, a été élaborée et des financements de plus de deux milliards de millimes, mobilisés. Mais, les travaux, qui prévoient le réaménagement des réseaux d'assainissement et la gestion des eaux pluviales, n'ont jamais été entamés jusqu'à ce jour. "Des calculs de politiciens de l'époque qui ciblaient les élections de 2014, sont derrière ce retard qui non seulement met en péril la vie des citoyens, mais aussi, se répercute sur le coût du projet, qui au fil des ans, a augmenté pour atteindre plus de trois milliards de millimes", ont reconnu des responsables municipaux de la Cité Ettadhamen.

Dans le quartier du 18 janvier, où la plupart des habitations sont construites dans l’illégalité, en l’absence d’un schéma urbain bien étudié et contrôlé, les familles vivent, chaque jour d’hiver, dans la peur d'être envahies par les eaux pluviales.

Les pluies, normalement source de fécondité et de prospérité pour les régions à vocation agricole, sont devenues un élément destructeur pour ces familles aux revenus très bas et dépourvus des moindres moyens pour affronter des situations catastrophiques.

« Nous avons peur dès que de fortes pluies sont annoncées. "L’Oued" a pris tous nos biens. Il a ruiné des familles... Il va nous tuer un jour", déclare, d’une voix inquiète et éraillée, Samira, une mère de famille, résidente dans le quartier depuis 38 ans et dont la maison a été envahie par les crues, à plusieurs reprises.

Elle n’est pas la seule habitante du quartier qui vit dans l’inquiétude et l’angoisse. Ce sont les mêmes mots qui reviennent dans la bouche, de presque toutes les femmes venues raconter leur calvaire à des journalistes de l'agence TAP.

Inquiètes et agacées, les femmes du quartier gardent, chacune, à l’esprit un mauvais souvenir, une mésaventure ou un cauchemar. Une mère de famille a perdu son fils qui s’apprêtait à passer l’examen du baccalauréat, certaines ont été secourus avec leurs enfants à la dernière minute, d’autres ont vu leurs voitures emportées par les eaux et plusieurs ont perdu leurs meubles et leurs provisions, sous les débris de leurs habitations détruites par les inondations. Ces famiIles ont recommencé de zéro.

L'apparence désespérée de ces femmes en dit long sur ce qu'elles endurent au quotidien. A leurs efforts de survie, puisqu'elles sont les seules à subvenir aux besoins de leurs familles, s’ajoute cette angoisse de perdre leurs enfants et leurs maisons à cause des inondations.

Pourtant, elles ne pensent pas le moins du monde à quitter leur quartier et leurs demeures.
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