Attayar, Ettakatol et Al-Joumhouri dénoncent le discours de Kaïs Saïed

14-12-2021

Les partis sociaux-démocrates Attayar, Ettakatol et Al-Joumhouri, réunis en coalition, ont organisé une conférence de presse, ce mardi 14 décembre à Tunis. Cet évènement intervient au lendemain du discours du président Kaïs Saïed, dans lequel il a dévoilé les futures échéances politiques qui attendent le pays. Référendum, élections législatives, poursuite du gel de l’Assemblée des représentants du peuple ont été au coeur des annonces…

Confirmation d’un coup d’Etat

Les partis Attayar, Ettakatol et Al-Joumhouri considèrent que ce discours n’est que la confirmation du coup d’Etat mené par le président le 25 juillet dernier. Pour Issam Chebbi, secrétaire général du parti Al-Joumhouri,« Kaïs Saïed est en train de concrétiser un projet politique personnel ». « Il veut réécrire une Constitution à sa guise en écartant les 217 députés qui ont été élus par le peuple mais aussi la société civile, tout le peuple Tunisien et la démocratie. », a-t-il ajouté.

Issam CHEBBI / SG du parti Al-Joumhouri

Toujours selon lui, depuis cinq mois, la crise économique et sociale ne fait que se creuser menant le pays vers la catastrophe, insistant sur le fait que la Tunisie n’était pas capable de surmonter une nouvelle crise. « Il faut organiser un dialogue national qui sera la seule voie un vrai cadre démocratique », assure-t-il.

Chebbi, a appelé toutes les organisations syndicales et de la société civile à s’unir main dans la main afin « d’éviter toute dérive dictatoriale ».

Une feuille de route non-réfléchie

De son côté, Khalil Zaouia, le secrétaire général du parti Ettakatol, a indiqué que Kaïs Saïed a montré dans son discours qu’il était contre tous les partis, toutes les organisations de la société civile ainsi que contre tous les Tunisiens.

« Son discours n’est qu’une réponse à ceux qui ont réclamé une feuille de route claire. En réalité ce n’est que de la poudre aux yeux », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne l’organisation des élections législatives prévues en décembre 2022, Zaouia a déploré à cet égard le manque de clarté quant à la tenue du scrutin. « Dans quel cadre, sur la base de quelle loi et pourquoi seulement législatives et pas présidentielle? Il est en train de réécrire la Constitution dans son propre interêt ».

Khelil ZAOUIA / SG du parti Ettakatol

Sur la question de l’organisation d’un référendum sur le Constitution, le Secrétaire général d’Ettakatol affirme que c’est une décision qui n’a pas été réfléchir correctement. « Si la commission qu’il met en place pour proposer un projet donne ses résultats en juin et que le référendum a lieu le 25 juillet, il est impossible pour le Tunisien de se positionner en seulement 3 semaines ».

Enfin il a conclu en disant que le pouvoir exclusif est le premier chemin vers la dictature.

Le pouvoir exclusif est une porte ouverte à la corruption

Le dernier à s’être exprimé que le discours de Kaïs Saïed, est Ghazi Chaouachi, secrétaire général du parti Attayar. D’après lui, le président a profité de la situation économique et sociale et sanitaire ainsi que de l’absence de Cour constitutionnelle pour s’emparer des pouvoir.

« Le pouvoir exclusif ne peut pas bâtir un Etat sain », a-t-il déclaré. « »Kaïs Saïed se présente comme un homme propre, un homme de loi…mais en réalité il nous montre qu’il est tout le contraire ». Ghazi Chaouachi fait notamment allusion au gel de l’ARP, à la suspension des travaux de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), son ingérence dans le pouvoir judiciaire et son hostilité vis-à-vis des médias.

Il a également affirmé que le ton du discours de Kaïs Saïed est menaçant. « Il menace tous les acquis démocratiques en usant les armes de l’Etat, à savoir la police et l’Armée. Nous sommes revenus au temps de l’Etat policier et le pays est menacé dans ses libertés les plus fondamentales ».

Les trois partis ont appelé à une manifestation vendredi 17 décembre sur l’Avenue Habib Bourguiba à la fois pour célébrer la commémoration de la Révolution et protester contre les décisions de Kaïs Saïed. « Nous n’hésiteront pas à aller vers l’escalade », a conclu Ghazi Chaouachi.

Gnetnews