Cancer du sein : Des spécialistes débattent des soins pendant et après la maladie (Vidéo)

24-10-2019

Comme chaque année partout dans le monde, le mois d’octobre est consacré à la sensibilisation au cancer du sein. Malgré la gratuité du dépistage dans de nombreux hôpitaux publics, cette pratique reste encore difficile à intégrer pour les femmes tunisienne. C’est dans ce cadre que Sarra Gharbi a décidé de s’engager. Un engagement envers les femmes victimes du cancer du sein et qui guérissent. C’est la notion de soins de support. C’est lors d’une conférence à Tunis, ce jeudi 24 octobre, qu’elle a présenté cette idée qu’elle voudrait mettre en place en Tunisie.

Le bien-être pour vaincre le Cancer
Sarra Gharbi est franco-tunisienne. Il y a quelques années, elle a crée en France le premier et unique centre de soin de support. « ElyssArt » est un concept qui allie le médical et l’esthétique. Son objectif est de permettre aux femmes luttant contre cette maladie de se sentir bien psychologiquement et de retrouver leur dignité. La jeune femme explique que « 70% de la guérison passe par le bien être ».

Cette conférence a permis de rappeler l’importance du dépistage mais aussi de mettre en avant l’émergence des soins de support pendant et après la maladie qui touchent les domaines de l’esthétique, de la nutrition ou encore de l’accompagnement psychologique. En effet, dans la plupart des cas de cancer de sein, la patiente subit une mastectomie, c’est-à-dire une ablation du sein. Un acte qui touche directement à la féminité et donc à la dignité de la femme. Mais selon Mme Gharbi, « le traitement médical ne suffit pas à vaincre le cancer. Il faut aussi un accompagnement psychologique ». Forte de son expérience en France, notre interlocutrice voudrait développer son concept en Tunisie. Ainsi elle explique que par exemple les perruques ou la reconstruction mammaire sont prises en charge par la Sécurité Sociale en France et que cela devrait l’être par la CNAM en Tunisie. 

3000 cas de cancer du sein par an en Tunisie
Chaque année la Tunisie recense 14.000 cas de cancer, tous types confondus, parmi lesquels on compte 3000 cas de cancer du sein. Slim Halouani est dermatologue spécialiste en onco-dermatologie. D’après lui, il y a deux âges pour le dépistage. « En cas d’antécédents familiaux, les premiers examens sont à effectuer dès l’âge de 30 ans. Sinon à partir de 49 ans, un dépistage tous les deux devient obligatoire », nous explique-t-il. Selon lui, les cas de cancer en Tunisie sont en hausse à cause du tabagisme, de la pollution et d’une mauvaise alimentation. « La Tunisie est en train de rattraper les pays occidentaux en termes de nombre de cas de cancer ».

La dermopigmentation pour retrouver son corps de femme
Cette conférence a été l’occasion de mettre en lumière certaines pratiques de soin de support. Les femmes victimes de cancer du sein subissent un traitement lourd afin de vaincre la maladie. Radiothérapie, chimiothérapie ou encore hormonothérapie… S’en suivent ensuite des troubles en tout genre dont la perte des cheveux et des sourcils. Présente lors de la conférence,  le Dr Alya Gargouri. Elle est dermatologue et pionnière en Tunisie dans la dermopigmentation réparatrice. « Cela consiste à introduire un pigment dans la peau pour essayer de réparer des surfaces endommagées ». Dans son cabinet, elle traite notamment les brûlures, les cicatrices et de plus en plus des femmes victimes d’un cancer du sein pour la reconstruction de leur aréole. La technique ressemble à celle d’un tatouage. Mais Mme Gargouri insiste, « ce sont des pigments médicaux qui sont adaptés à des peaux qui ont été endommagées ». Elle déplore en effet, de nombreuses femmes, faute de moyens, de se rendre chez des tatoueurs traditionnels ou artistiques, ce qui représente selon elle, un risque en terme d’hygiène.

La dermatologue se bat depuis plusieurs années avec les pouvoirs publics pour la mise en place de cet acte dans les hôpitaux publics et notamment au CHU Salah Azaiez à Tunis. « Je suis prête à intervenir bénévolement, si le ministère de la Santé met à disposition le matériel nécessaire ». Malheureusement, elle fait face l’indifférence des autorités. 

Retrouvez les explications des médecins dans la vidéo ci-dessus.

Wissal Ayadi

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