Ennahdha cherche « l’oiseau rare » en tant que candidat à la présidentielle (Ghannouchi)

21-05-2019

Le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a déclaré que son mouvement n’a pas rendu une décision au sujet de la présidentielle, "notre seule décision est que nous allons participer avec celui que nous aurions choisi, qu’il soit nahdhaoui ou consensuel", a-t-il dit, affirmant que leur préférence va vers un candidat consensuel, "cet oiseau rare n’est pas apparent sur la scène, il n’y a pas un candidat qui fait l’unanimité ou qui recueille l’approbation d’une majorité".

Il a encore précisé que "Hamadi Jebali ne fait pas partie d’Ennahdha, ne se porte pas candidat en son nom, il a choisi de se présenter en tant qu’indépendant."

Dans une interview accordée à France 24, Ghannouchi a souligné que "la France est une dimension essentielle de la Tunisie, une dimension méditerranéenne, les deux pays ont des affaires conjointes à l’instar de la migration clandestine, du terrorisme, des échanges économiques. La France est le principal partenaire de la Tunisie, et leurs échanges sont très élevés".

Il a ajouté que sa visite en France avait eu lieu, "en coordination avec les autorités françaises, et s’inscrivait dans le cadre de la diplomatie populaire, qui appuie la diplomatie officielle, et l’accompagne".

Il a encore souligné que le gouvernement Chahed est le premier gouvernement qui dure grâce à Ennahdha. "Ce gouvernement allait tomber il y a une année, n’eût été Ennahdha qui l’a maintenu, c’était pour la stabilité, nous n’avons pas une relation spéciale avec Youssef Chahed".

Il a exclu que Chahed soit "une marionnette entre les mains d’Ennahdha", comme l’en accusent ses opposants. "Le fait qu’on l’ait soutenu ne veut pas dire qu’il est une marionnette".

Appelé à réagir aux propos tenus par le chef du gouvernement qui a déclaré que "la Tunisie n’allait pas être gouvernée au nom de Hassan El Bana, de Lénine ou de Mao Tsé Toung", il a rétorqué que "Chahed était en train de se défendre pour dire je ne suis pas islamiste, ni communiste, mais je suis moi-même et j’ai ma personnalité, c’est un discours compréhensible, à l’approche des élections".

Rached Ghannouchi a considéré Abir Moussi, comme "un phénomène passager". "Nous vivons des difficultés qui donnent lieu à une certaine nostalgie au passé," a-t-il dit, affirmant que "le peuple tunisien ne reviendra pas à l’époque de ben Ali, celui qui a goûté aux délices de la liberté ne reviendra pas au despotisme, quelles que soient les difficultés économiques". Il a, par ailleurs, assuré que "la Tunisie allait passer d’une démocratie naissante à une démocratie stable", avec la quatrième élection qu’elle s’apprête à organiser.

Concernant la justice transitionnelle et les procès qui "cherchent à fouiner dans le legs de Bourguiba", Ghannouchi a déclaré ne pas être favorable aux procès, "j’ai appelé à une réconciliation nationale globale, avec une partie qui s’excuse, l’autre qui pardonne et l’Etat qui se charge de la réparation, tout en faisant en sorte que les violations du passé ne se reproduisent plus".

Gnet

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