La Rabta : Le personnel médical alerte sur la situation de l’hôpital, et ses 48 millions de dinars de dette (Vidéo)

28-01-2020

Avec 48 millions de dinars de dettes, l’emblématique hôpital de La Rabta à Tunis, se retrouve dans une situation critique. Activités de soins paralysées, manque de matériel, fournisseurs non payés, personnel soignant à bout… Le CHU est en crise ! Une crise qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la qualité des soins et la prise en charge des patients. Il y a quelques jours, des rumeurs ont même circulé sur une possibilité de fermeture de l’un des plus grands hôpitaux du pays. Afin de faire la lumière sur la situation de centre hospitalier, le corps médical de l’établissement a décidé d’intervenir devant la presse ce mardi 28 janvier. 

« Le premier objectif de cette conférence de presse est de sensibiliser l’opinion publique ainsi que les autorités aux difficultés de l’hôpital, et à l’urgence de la situation ». C’est ce qu’a déclaré Pr Sami Mourali, Président du comité médical de La Rabta et Chef de Service. 

Le financement des hôpitaux tunisiens dépend des recettes propres mais surtout des sommes versées par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), correspondant au remboursement des actes effectués sur les patients ayant une couverture sociale. 

Même si le CHU a réussi à améliorer ses rentes qui atteignent  chaque année les 10 millions de dinars, la dette, elle, ne cesse de s’aggraver. En cause, une dette de la CNAM de 38 millions de dinars ! A cet égard, le corps médical de La Rabta affirme qu’à la date du 26 janvier 2020, la CNAM n’a versé aucune avance sur l’année 2019 et qu’il reste 4 milliards de dinars de reliquat sur les dettes des années 2017 et 2018.

« Cette situation mène inéluctablement à un dysfonctionnement important au sein de ‘hôpital », déplore Sami Mourali. En effet, un établissement ne peut fonctionner sans matériel. Celui-ci est acquis via des contrats de marché…aujourd’hui les dettes à l’égard des fournisseurs privés ont atteint les 14.6 millions de dinars. « A cause de ces impayés, quand nous faisons des appels d’offre, parfois personne n’y répond ! », dévoile Pr Mourali.

Autre problème, celui de la dette contractée auprès de la pharmacie centrale de Tunisie. Celle-ci réclame à l’hôpital la somme de 24 millions de dinars. En conséquence, plusieurs médicaments manquent.

Par ailleurs, La Rabta est un établissement hospitalo-universitaire. A cet égard, le cadre médical de l’hôpital assure que les résidents ne veulent plus venir à La Rabta à cause du manque de moyens et du stress auquel ils doivent faire face. Ces futurs spécialistes préfèrent se diriger vers des cliniques privées, et plus préoccupant, vers des coopération dans des pays étrangers. C’est donc l’avenir de la médecine qui est en  jeu…

En organisant cette conférence de presse, c’est un personnel médical impuissant et désespéré qui a voulu attirer l’attention de l’opinion publique mais aussi celle des autorités… il réclame, bien sûr, le versement des dettes de la CNAM et  exhortent également le ministère de la Santé publique à revoir le système de financement des hôpitaux tunisiens.

Enfin, concernant les rumeurs de fermeture, elles ont été complètement démenties.

Retrouvez en vidéo ci-dessus la déclaration de Sami Mourali.

Wissal Ayadi