Kaïs Saïed appelle à écarter la Tunisie de la politique des axes

23-09-2020

Le président Kaïs Saïed a appelé mardi 22 septembre, « à écarter la Tunisie de la politique des axes et d’alignement, et à s’attacher à la souveraineté nationale », prônant « la stabilité sur le plan intérieur, afin que notre voix soit écoutée à l’extérieur ».

« La politique en général, et la politique étrangère, en particulier, devront s’appuyer sur la souveraineté populaire et les revendications de la majorité », a-t-il souligné.

Dans un discours prononcé hier soir à Carthage, à la clôture de la 38ème conférence des ambassadeurs, le chef de l’Etat a appelé « à s’attacher aux référentiels, constantes et à l’indépendance de notre décision, ainsi qu’à la légalité internationale et au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, tout en rejetant toute ingérence dans nos propres affaires ».

La Tunisie est un seul Etat, a un seul président et une seule diplomatie, et notre volonté ne devra être l’otage de quiconque, a-t-il asséné.

Il a, par ailleurs, considéré que « les concepts de partenariat, de sécurité, de paix et de développement solidaire sont parmi les principes fondamentaux de la politique étrangère, que nous avons tenus à consacrer sur le double-plan bilatéral, et multilatéral ».

Saïed a plaidé pour « l’approfondissement du dialogue stratégique autour des affaires posées en vue de concrétiser les attentes des peuples de la région, à travers des conceptions communes d’un monde plus sûr et plus stable, pour des relations internationales plus équilibrées et plus solidaires ». Il, a par ailleurs, appelé « à défendre nos intérêts stratégiques, nos priorités politiques, sécuritaires et de développement, et à trouver des solutions aux causes justes, encore en suspens ».

Le chef de l’Etat a pointé « les nombreux dépassements et dérives constatés les dernières années », signalant que « le responsable devra être au service de l’Etat, et non à celui d’une coalition ou une alliance ».

Nous n’avons pas de « complexes » envers les langues étrangères

Kaïs Saïed a évoqué l’instabilité dans la région, ayant conduit à la montée des fléaux du terrorisme, et de la migration clandestine, qui constituent de graves menaces contre la région et le monde, appelant à « une nouvelle approche pour les combattre, étant donné que les solutions sécuritaires à elles seules, même si elles demeurent nécessaires, sont insuffisantes ».

Le partenariat au Maghreb arabe, en Afrique et en Méditerranée requiert de concevoir des visions claires, au-delà des différends, en vue de planifier l’avenir des relations, d’en déterminer la teneur et les priorités, et d’en mobiliser les moyens pour les mettre en exécution, a-t-il encore estimé.

Le locataire de Carthage a prôné « un partenariat équilibré avec l’Union européenne en vue d’un développement socioéconomique intégral », exprimant les dispositions de la Tunisie à organiser le sommet de la Francophonie l’année prochaine. « Nous traitons les langues, sans complexes, et sans attenter à notre indépendance », a-t-il précisé.

Il a dit l’engagement de la Tunisie « à assumer sa totale responsabilité dans le cadre de son statut de membre non-permanent du Conseil de sécurité en vue de relancer les processus de règlement pacifique des crises, de défendre les intérêts stratégiques, les priorités politiques, sécuritaires et de développement de nos espaces directs ».

Saïed a déploré que « nos richesses humaines migrent vers le Nord, dont plus de 500 médecins qui sont partis l’année dernière vers l’Europe. » Il a revendiqué « une nouvelle approche pour régler la question de l’endettement, avec les bailleurs de fonds, étant donné que les dettes n’ont pas profité, dans la plupart des cas, au peuple tunisien. »

Le chef de l’Etat a décoré des diplomates, au cours de cette cérémonie, qui a vu la participation de plus d’une cinquantaine d’entre eux à distance, outre les présents au palais de Carthage.

Gnetnews