Les trois principales stratégies de lutte contre le Coronavirus utilisées dans le monde

02-04-2020

Depuis la propagation du Coronavirus à l’échelle planétaire, les pays luttent sans relâche pour contenir l’épidémie. Pourtant chacun a opté pour une stratégie. Si le confinement semble être la plus utilisée, il existe d’autres méthodes qui ont aussi leurs avantages comme leurs inconvénient.

Le confinement

Avec près de 3,5 milliards de personnes, presque la moitié de l’humanité, condamnées à rester chez elles dans le monde, le confinement est la stratégie la plus répandue pour limiter les risques de contamination. C’est le cas par exemple en France ou encore en Italie, épicentres européens du Covid-19.

Le confinement consiste a cesser toute activité extérieure et à rester chez soi. Les seules sorties autorisées sont le supermarché et le travail pour les domaines d’activités essentiels. Ici c’est le facteur temps qui entre en jeu, l’objectif étant d’étaler au maximum dans le temps les contaminations. Ce système permet de ne pas saturer les services hospitaliers afin qu’ils soient réservés aux patients les plus graves et d’éviter ainsi un fort taux de mortalité.

Mais le confinement possède de nombreux inconvénients économiques comme sociaux… D’abord, du point de vue des libertés individuelles, le confinement total est perçu de le même manière qu’un emprisonnement au sens propre du terme. De plus, les habitudes culturelles des citoyens sont mises à rude épreuve. Les habitants des pays du bassin méditerranéen sont connus pour être de bons-vivants.

Les italiens, les espagnols et les maghrébins ont l’habitude de beaucoup sortir et faire la fête…Du jour au lendemain, se retrouver entre quatre murs peut être psychologiquement difficile.

Mais cette situation peut encore être supportée. En effet, l’économie, elle, n’en sortira pas indemne.

Magasins fermés, entreprises à l’arrêt, commerce extérieur réservé aux produits essentiels, événements sportifs et culturels annulés ou reportés… L’économie mondiale est en péril. Pour autant, d’après le corps médical et les scientifiques qui travaillent d’arrache-pied pour essayer de trouver un remède à ce virus, le confinement reste pour l’heure la solution la plus fiable pour casser la chaîne des contagions et à terme endiguer l’épidémie.

Le premier exemple qui montre l’efficacité du confinement vient de Chine, lieu de naissance du Covid-19. L’empire du milieu a été le premier à confiner sa population. Ainsi à la mi-mars, les autorités ont indiqué que l’épidémie touchait à sa fin sur son territoire. A l’heure d’aujourd’hui, les Chinois recommencent peu à peu à sortir de chez eux.

L’immunité collective

Au début de l’épidémie, certains pays ont décidé d’adopter une stratégie aux antipodes de celle du confinement. Par exemple, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, l’approche initialement retenue était celle de «l’immunité collective» ou « immunité de groupe ». Il s’agit de faire en sorte que de nombreuses personnes soient infectées, afin qu’elles développent des anticorps qui les protégeront d’une nouvelle contagion. Avec une majorité de personnes immunisées, le virus n’arrivera plus à se propager, s’en suivra l’extinction de l’épidémie.

Mais dans ce cas ce n’est pas seulement l’épidémie qui mourra, ce seront aussi des vies qui s’éteindront.

Si l’on ajoute à cela un système de santé fragile et qui n’est pas capable de faire face à la déferlante des cas graves dans les hôpitaux, il s’agira d’un sacrifice humain que les Etats auront sur la conscience. Se pose donc ici une question politique et morale.

Une étude indiquait le 16 mars que 510.000 personnes pourraient mourir au Royaume-Uni avec cette stratégie de l’immunité collective.

Entre temps et devant l’inexorable augmentation du nombre de morts et d’infection, la Grande-Bretagne a changé son  fusil d’épaule en imposant un confinement total venu, sans équivoque, trop tard.

La seule hypothèse dans laquelle l’idée de l’immunité de groupe pourrait avoir son effet, est la découverte d’un vaccin qui pourra être administré à toute la population et ainsi stopper les contagions. Mais d’après les scientifiques, ce vaccin ne sera pas disponible avant 12 à 18 mois.

Tests massifs et mise an quarantaine des Covid+

Dans cette crise du Coronavirus, certains pays ont pu se démarquer en terme de chiffres, en utilisant la stratégie des tests massifs. Ainsi, l’Allemagne a préféré le dépistage à grande échelle et la mise en quarantaine des malades.

Entre 300.000 et 500.000 tests sont réalisés chaque jour en Allemagne, contrairement à son voisin français qui réserve ces examens seulement aux personnes montrant des pathologies sévères.

Le choix allemand permet de toucher le maximum de personnes et d’isoler les citoyens contaminés.

Cette méthode permet aux hôpitaux de gérer le flux des patients afin de ne pas encombrer les services de réanimation utiles aux personnes qui contractent une forme sévère de la maladie. D’ailleurs, il s’agit de la stratégie encouragée par le l’organisation Mondiale de la Santé.

Celle qui a le mieux réussi dans cette méthode c’est la Corée du Sud. Chaque jour, environ 300.000 personnes sont testées. Le pays a également utilisé les nouvelles technologies pour compléter le technique des tests. Ainsi, les autorités sanitaires ont mis en place un traçage technologique des citoyens, en utilisant les smartphones, les cartes de crédit ou la vidéosurveillance, pour savoir avec qui chaque malade a pu être en contact.

Cette stratégie, qui a également été appliquée par Singapour, a néanmoins permis d’éviter les mesures strictes de confinement et leurs conséquences sur l’économie. Mais encore faut-il avoir les moyens financiers, logistiques et humains pour pouvoir réaliser cette stratégie.

Wissal Ayadi

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