Quid du parti de Youssef Chahed, le 215ème en Tunisie ?

Publié le Mercredi 02 Janvier 2019 à 16:24
Youssef Chahed. Voilà on y est, 2019 débarque ; le flou qui plane sur la Tunisie, est aussi épais que le nuage qui enveloppe, en ce mercredi 02 janvier le ciel. Cette année qui s’ouvre est éminemment politique, l’attention sera essentiellement focalisée sur la présidentielle et législatives, censées avoir lieu en décembre prochain. Dans cette perspective électorale, des changements de différents ordres pourraient intervenir sur la scène politique : repositionnement, rapprochement, alliance, rupture, divorce…un mouvement préélectoral naturel. L’événement attendu, et qui livrera ses secrets dans les prochaines semaines, dit-on, est le nouveau parti qui se créera autour de Youssef Chahed.

Sur la finalité, la formation politique en vue, telle qu'elle se présente, n’apporte  vraiment pas une quelconque nouveauté, en misant sur l’unification de la famille démocratique progressiste, et en s’assignant pour objectif de réinstaurer l’équilibre politique dans le pays. Plusieurs s’y sont essayés pendant ces huit ans, et leur tentative s’est soldée par un échec.

Les partis qui se proclament de la mouvance centriste, moderniste, progressiste, réformatrice, social-démocrate sont, en effet, légion. Leurs divergences sont beaucoup plus importantes que leurs convergences, et leur poids sur l’échiquier politique est variable, a fortiori, en ces temps de désaffection des Tunisiens envers la politique.

Quid du parti en devenir de Youssef Chahed. Même si ses instigateurs se gardent de personnifier ce nouveau projet partisan, et de le réduire au seul chef du gouvernement, le nouveau parti en tirera forcément sa légitimité, et aura à assumer ses forces et ses faiblesses, ses réussites et ses échecs.

La deuxième caractéristique de la nouvelle formation est qu’elle sera une émanation de Nidaa Tounes, l’ensemble de ses membres fondateurs auront été des nidaistes ; le but serait de créer la même dynamique que celle qui s'est cristallisée autour de Béji Caïd Essebsi en 2012.

La troisième est qu’elle cherchera à se démarquer en instaurant une démocratie interne et des instituions à même de prévenir les dérives, et d’éviter les propensions hégémoniques du chef.

Le lancement de ce nouveau parti serait marqué, tout naturellement, par un discours de Youssef Chahed et des figures de proue du groupe qui le soutient à l'Assemblée, la coalition nationale. La lutte contre la corruption, un sujet de prédilection pour le chef du gouvernement, celui qui lui a permis de percer et d’asseoir sa popularité dans l’opinion sera mis en avant. On fera également prévaloir les valeurs d’intégrité, de mérite, de compétence et de réforme pour sortir le pays de l’ornière et en permettre le redressement socioéconomique.

La nouvelle entité politique puisera principalement ses bases dans le mouvement d’origine Nidaa Tounes. Parviendra-t-elle à lui tenir la dragée haute, voire à le supplanter. Avec son avènement, la rivalité au sein du pouvoir exécutif aura à s’aiguiser, et la rupture entre le président et le chef du gouvernement à l’origine issus du même parti, sera consommée. Reste à souligner que le nouveau parti sera le 215ème, si entretemps, le paysage partisan demeurait numériquement le même.
Gnet