Tunisie/secteur des services, opération sauvetage

Publié le Mercredi 18 Novembre 2009 à 19:09
Lancement du plan de mise à niveau des servicesDans le cadre de l’accord d’association entre la Tunisie et l’Union Européenne, l’Etat s’est penché depuis quelques années sur la question de la mise à niveau de plusieurs secteurs. A commencer par celui de l’industrie, et il est en ce moment question de celui des services. « C’est en effet le plus grand des secteurs, puisqu’il génère 60% du Produit intérieur brut du pays, et donc notre objectif est de le faire hisser à 2/3 du PIB, à l’instar des pays développés », indique Wajdi Khemakhem, directeur général au Ministère du Commerce et de l'Artisanat, lors du séminaire tenu aujourd’hui à l’UTICA sur la mise à niveau des services.

Les dès sont donc lancés. Le défi à relever est de taille. Il s’agit d’accompagner les entreprises désireuses d’améliorer leur positionnement à l’échelle nationale et internationale, à améliorer leur productivité et donc -à terme- devenir plus compétitives. Mondher Khanfir, expert-conseiller auprès du ministère est revenu sur les origines de cette décision de mise à niveau du secteur. « Le 23 décembre 2008, nous avons consacré une partie du conseil ministériel à cette question de mise à niveau. Et nous avons établi un programme à deux phases : la première concerne l’amélioration de l’environnement de l’entreprise c'est-à-dire établir un cadre juridique et une base de données, et la deuxième concerne le lancement d’une phase pilote qui concernera la mise à niveau de 100 entreprises ».’objectif de cette phase transitoire est de diagnostiquer, ensuite de définir les obstacles qui peuvent entraver la prospérité de l’entreprise. Cela revient à dire qu’il est indispensable de responsabiliser les entreprises, d’affiner leurs connaissances et essayer de faire ressortir les indicateurs de performance dans le domaine de la compétition. Pour cela, l’Unité de Mise à niveau des services (UMSN), est chargée de coacher les entreprises désireuses de faire partie du projet pilote.

Par ailleurs, plusieurs hommes d’affaires présents à cette rencontre ont fait part de leur mécontentement quant aux conditions du secteur des services en Tunisie. Amir Turki, PDG du consortium tunisien d’architectes et d’ingénieurs a évoqué l’exemple des méga projets émiratis dont on a annoncé la réalisation, « en nous faisant miroiter de fausses promesses, aurait-on menti à notre gouvernement ? » indique-t-il, avant d’ajouter : « on nous avait dit au début que cela profitera à la main d’œuvre tunisienne, à nos compétences locales. Sauf qu’il n’en est rien. Nous n’avons pas le droit de participer à ces travaux gigantesques, qui au final ne reflètent en rien le cachet tunisien ». C’est à se demander comment vouloir hisser l’image de l’entreprise tunisienne à l’échelle tunisienne, si on ne lui donne pas la chance de faire ses preuves dans son propre pays !

Autre problème de taille qui a été relevée par deux participants. Celle des visas d’affaires qui ne sont accordés qu’au compte-goutte. « Comment voulez-vous que l’on exporte notre service, si nos ingénieurs peinent à avoir le visa Schengen pour partir en mission. Aujourd’hui il faut attendre une dizaine de jours pour obtenir son visa. Une période suffisamment longue pour que le client change d’avis ou qu’une autre entreprise le reprenne », dénonce la directrice d’un cabinet d’ingéniorat. En effet plusieurs entreprises souffrent de plusieurs freins qui les désavantagent face à leurs concurrentes européennes. Quand bien même les nôtres seraient compétitives et s’engageraient à coopérer avec l’Union Européenne, cette dernière n’en fait pas de même. L’UE oublierait qu’un accord d’ouverture est bilatéral, quand ses hommes d’affaires ont toutes les facilités pour venir investir en Tunisie, alors que les nôtres peinent à avoir un visa pour aller accomplir une quelconque mission.

« Sans parler des entreprises étrangères qui n’ont pas le droit d’exercer en Tunisie, et j’en ai des exemples », confie un homme d’affaires. Et d’ajouter : « Je ne comprends pas comment les entreprises commerciales et industrielles peuvent être soumises au même taux de cotisation à la CNSS. L’activité de la première est basée sur les travail des machines, alors que celle de la seconde est basée sur les ressources humaines ». En somme, si l’une débourse des cotisations pour une dizaine de personnes, elle sera favorisée par rapport à la seconde qui peut en débourser sur une centaine d’employés. Le coût de revient du service est forcément plus élevé, et les entreprises de services se retrouvent souvent dans l’incapacité de survivre face à des charges salariales très élevées.

Saida Balti, chef d’entreprise grossiste répartiteur de médicaments se plaint également de ne pas être considérée comme faisant partie du secteur des services. « Nous somme considérés comme une industrie alors que nous sommes un maillon essentiel entre la pharmacie centrale et les industries pharmaceutiques. Nous effectuons un achalandage de nomenclature qui compte des milliers de produits, même ceux à faible rotation. Nous détenons aussi un centre d’appels pour fournir des informations aux pharmaciens et aux cliniques, nous assurons le transport et la livraison, alors je peux dire que nous sommes concernés par la mise à niveau des services ». Qu’attendez-vous donc de cette mise à niveau ? «de revoir la réglementation qui traite toutes les entreprises, quelques soient leurs tailles de la même manière et de financer l’automatisation de cette activité ainsi que de nous aider à exporter nos services auprès des pays émergents », a-t-elle répondu.

Des entrepreneurs pleins de revendications et d’idées que le ministère se doit d’étudier. Il appelle toutefois toutes les entreprises désireuses de prendre part au projet pilote de mise à niveau des services, d’envoyer leurs candidatures en ligne sur le site www.pmns.tn.
Chiraz Kefi
 

Commentaires 

 
#4 Mystère Bis !
Ecrit par Mani_Chou     19-11-2009 22:38
Au fait j'avais oublié de préciser : les personnages (officiels) dont on parle dans cet article appartiennent au Ministère du Commerce.
Mani Chou
 
 
#3 Mystère des Ministères !
Ecrit par Mani_Chou     19-11-2009 22:34
Bonjour,
je relève dans le texte de l'article :
"...indique Wajdi Khemakhem, directeur général au Ministère du Commerce et de l’Industrie,..."
Permettez-moi de vous faire remarquer que ce Ministère n'existe pas !
Il y a ou celui du "Commerce" ou celui de "l'Industrie, de l'Energie et des PME".
Sauf éventuel prochain remaniement qui regrouperait ces deux ministères ! De toutes les façons cela s'était vu par le passé, ce qui explique cette erreur courante chez les Tunisiens de tous les niveaux ( y compris les journalistes ;-) )
Mani Chou

NDLR
Nous nous excusons pour cette malencontreuse méprise, c'est maintenant rectifié.
 
 
#2 Réctif.
Ecrit par FAN FAN     19-11-2009 11:44
Le taux de cotisation à l'accident de travail pour une société de service
doit être inférieur à celui d'une entreprise industrielle vu la dangeurosité du travail dans cette dernière.
 
 
#1 Economie nationale et interets categorie
Ecrit par aby     19-11-2009 02:43
Tout le monde sait que dans la politique d encouragement du secteur prive, chacun tire le drap de son cote, et l Etat-arbitre (dans le cas ou il joue effectivement ce noble role) se trouve soumis a des pressions souvent contradictoires
Cet article illustre bien la guerre d interet entre des operateurs economiques qui, legitimement- defendent leurs interets, mais

1. Si Amir Triki, qui vous a dit que les architectes tunisiens seront charges de ce mega projet? vous devez savoir que les grands groupes nternationaux ont une foule de bureaux d architectes, commerciaux,, anglais ou pakistanais peut importe, et qu ils ne sont pas prets a changer # de cheval#> Alors, si vous lisez echourouk et la Presse qui nous parlent de 100.000 emplois qui vont etre crees par Sama dhoubai, architectes et autres, et si vous croyez ces informations de propagande, c est votre affaire, le gouvernement tunisien ne pourra pas vous faire de cadeaux>Les IDE( investissements directs etrangers) c est ca, il y aura des architectes malais et indonesiens, mais pas vous> C est la loi du capitalisme international..et l etat ne peut rien faire

2.Pour le monsieur homme d affaires qui reclame un service de cotisation different pour les entreprises industrilles ( nombre reduit de salaries) et celles de services ( sappuyant surtout sur des ressources humaines), il veut quoi ce monsieur? qu on exonore ces entreprises de services de la cotisation CNSS? ca ne lui suffit pas que le Code de travail a ete amende depuis 1996 pour lui permettre lui et ses semblables de beneficier de la flexibilite de l emploi avec ces contrats CDD ( contrats a duree determinee) qui concerne peut etre aujourd hui 40% des salaries? Ca ne lui suffit pas de jouer avec les SIVP et d en changer chaque anneee...comme on change de chaussettes?
Waihaka ya chamardal!!!!!
Oui, la Tunisie est entree dans une logique de developpement ou l etat- c est a dire l ensemble de la societe devient la vache a traire et ou l angoisse de creation d emploi est mise a profit par nos hommes d affaires pour ereclamer toujours plus
Oui, on a encore 2 generations pour creer une veritable classe capitaliste, en attendant, nos entreprises auront encore besoin des largesses de l etat pour que le patron puisse

- acheter une villa a hammamet pour 400,000 dinars
- un appartement a sa fille ou son fils a Ennasr pour 250.000 dinars

- acheter 3 ou 4 voitures -pas populaires pour sa famille,
- payer un sejour a l etranger pour toute la famille en ete ou pour des vacances de neige (les femmes de nos hommes d affaires qui les ont epouse pour leur argent adorent ca, ca leur permet d epater des cousines et des voisines sur cette experience)

Alors il faut que l etat fasse un peu plus pour que ces predateurs construisent notre economie....a condition de savoir les nourrir correctement

Allah youstour blendna ou des predateurs de tout bord tirent chacun de son cote

Le vieux debat tout Etat- moins d etat- pas d etat est on ne peut plus a l ordre du jour> Aucun pays ne s est developpe sans une bourgeoisie nationale responsable, mais c est l etat , expression de la societe, qui fixe les regles du jeu> Pour cela il faudra que dans notre inconscient collectif, on depasse ce qu on nous a appris a l ecole sur la societe musulmane ( dans une logique tribale), la ghanima> Oui, ce qu on appelle operateurs econo;iques dans notre pays, ils obeissent malheureusement toujours a la logique de la Ghanima; Tant qu il ya des choses a prendre, soyons les premiers
 
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