Tunisie : La coalition au pouvoir manque d’homogénéité (Lakdhar) |
Publié le Jeudi 25 Juin 2015 à 13:40 |
![]() D’autre part, Lakhdhar a pointé du doigt « la majorité, qui vise à détourner la constitution, ses textes, et à récupérer ses valeurs », selon ses dires. « Au lieu d’activer la constitution et l’appliquer sur le terrain, certains cherchent à en faire une interprétation qui ne convient pas à la Tunisie et à la réalité tunisienne ». Selon Lakhdhar, lors de l’élaboration de la constitution, ces mêmes parties avaient refusé d’asseoir une justice indépendante. « Ceci est en soi, la preuve d’une tentative de récupération de la révolution. Sur le plan économique, nous constatons deux phénomènes, d’une part les manifestations et les revendications légitimes dues à la hausse des prix et à la cherté de la vie, et d’autre part, on constate des tentatives d’interdire et de réprimer ces mouvements et de ternir l’image de l’Union syndicale". D’après lui, il existerait des mouvements sociaux « suspects », qu’il soupçonne d’agir au profit d’agendas extérieurs, « et dont le but est de diviser le pays et pousser les Tunisiens à s’entretuer », a-t-il dit, appelant les Tunisiens à s’éloigner de ces mouvements « qui représentent une menace pour le pays et l’avenir de leurs enfants ». Dans la même lancée, Zied Lakhdhar critique l’actuel pouvoir, qu’il estime ne pas être assez homogène pour pouvoir travailler ensemble. « Chacun travaille de manière individuelle…et puis que propose réellement ce gouvernement ? On ne voit rien à part des tiraillements. On dirait que la Tunisie n’a jamais vécu de changement et de révolution. Le gouvernement doit dire la vérité au peuple, à tous les sujets », a-t-il souligné. Le Secrétaire Général du PPDU a ajouté que le dialogue national doit être le moyen de sortir le pays de la crise et de trouver des solutions médianes pour stabiliser le pays, « et non le moyen de rassembler des partis et les isoler afin qu’ils puissent ensemble interdire les mouvements sociaux…ceci ne peut pas être un dialogue national mais de l’usurpation », a-t-il dénoncé. Selon lui le pays connaitra davantage de crises « plus graves », et aura besoin d’un dialogue fructueux sur la sécurité, la société, et l’économie, « au lieu de rapporter de l’extérieur des solutions toutes faites, qui ne feront qu’approfondir la crise et frapper le pouvoir d’achat ». Malgré une amélioration de la situation sécuritaire, Lakhdhar dit craindre que la menace ne soit toujours plus grande, puisqu’elle vient de l’intérieur. « Le prêche continue dans les mosquées, les écoles primaires et les jardins d’enfants, et tout cela nécessite un effort supplémentaire, qui ne peut être accompli sans une stratégie complète. Notre parti est la première victime de ce phénomène avec l’assassinat de son secrétaire général Chokri Belaid et les menaces qui nous parviennent tous les jours », a-t-il dit. Chokri Belaïd : la verirté tarde toujours Zied Lakhdhar revient sur le procès de l’assassinat, prévu pour le 30 juin. « Le dossier n’a toujours pas atteint un niveau rassurant de vérités. Nous appelons tout le monde, à s’unir pour dévoiler la vérité. Non seulement la famille et amis du défunt ou les partis qui partagent la même vision que la notre, mais tout le peuple tunisien », a-t-il dit, précisant que si tout le monde exigeait la vérité, il découvrirait des éléments « choquants ». Mohamed Jmour, porte-parole du parti, est revenu sur les détails du dossier de l’assassinat de Chokri Belaid, rappelant que les parties plaignantes sont le père du défunt, le parti PDU, et Besma Khalfaoui, mère des deux filles, mineures, de Chokri Belaid, mais qu’aussi la société civile avait le droit de se porter partie plaignante. « Nous sommes en train d’œuvrer pour que cela soit possible, puisque un texte de loi l’autorise », a dit Jmour. L’actuel dossier concerne 30 accusés, tandis qu’il existe un autre dossier avec d’autres accusés dont Boubaker Al Hakim. « L’actuel procès n’est qu’une partie infime de la totalité du dossier. Ceux qui comparaitront ne représentent qu’un nombre infime de ceux qui ont commis le crime », a affirmé Jmour. Selon Jmour, le juge d’instruction a donné raison à la défense qui a contesté certaines méthodes utilisées dans l’enquête, notamment la dissimulation des résultats de l’expertise balistique. « Ce pour quoi nous considérons que l’actuel volet du procès, ne représente qu’une infime partie de tout le dossier de l’assassinat », a-t-il dit, avant d’ajouter : « Nous espérons que le choix du timing du procès n’a pas été choisi exprès, comme le faisait avant Ben Ali. En plein été et au mois de ramadan », a-t-il terminé. Chiraz Kefi
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