Dubaï, chantiers figés dans le désert

Publié le Samedi 04 Avril 2009 à 12:03
Dubaï, Manhattan en plein désert. liberation.fr - Du pied de la Burj Dubaï (la «tour de Dubaï»), on a beau se déboîter la tête, on ne voit pas le sommet. Celui-ci pointe à plus de 800 mètres, une flèche si fine que le vent peut la faire osciller sur une amplitude de deux mètres, nous explique un responsable du chantier. La tour la plus haute du monde sera-t-elle achevée dans les temps, en septembre, alors que Dubaï s’enfonce dans la crise ? «A priori, oui. Car le défi est énorme pour le promoteur immobilier, Emaar, et surtout pour l’émirat. Mais c’est difficile. Tous les mois, il faut se battre pour être payé», confie un des maîtres d’œuvre. La Burj Dubaï sera peut-être le dernier ouvrage d’exception érigé par l’émirat. Déjà, l’autre grand promoteur de Dubaï, Nakheel, dont des affichettes publicitaires ornent les poteaux des lampadaires à l’entrée de la ville, a renoncé à construire une tour concurrente qui aurait atteint 1000 mètres !

Dubaï, c’est Manhattan en plein désert. Des tours sans fin de part et d’autre de Cheikh Zayed Road, l’avenue principale du quartier des affaires, un grouillement presque perceptible sous les pieds, un chantier à ciel ouvert avec ses grues et ses nuées de travailleurs étrangers perchés sur les amoncellements de béton. Une vision surréaliste quand on vient d’Abou Dhabi après avoir traversé une vaste étendue de sable et de cailloux. Mais ce chantier-là risque de rester longtemps à l’état de projet, fers à béton dressés sur des moignons de gratte-ciel. «La situation ne cesse de se détériorer : des tas de projets sont ralentis, d’autres carrément abandonnés, les paiements sont très tendus», confie un constructeur local. «Des patrons se retrouvent même en prison car, ici, le moindre chèque sans provision vous envoie derrière les barreaux», raconte un expatri2;

C’est que les deux domaines sur lesquels l’émirat avait misé pour assurer son essor ont explosé en vol depuis le début de la crise : la spéculation immobilière, et le tourisme. Le premier était devenu une sorte d’industrie : jusqu’à l’été dernier, il suffisait d’investir 10 % du prix d’un appartement (en cours de construction ou à construire) pour se retrouver propriétaire d’un bien que l’on revendait plus tard - toujours sur plan - deux, trois ou quatre fois plus cher. C’est ainsi que beaucoup, dans l’émirat, se sont enrichis. Avec la crise, la confiance s’est effondrée, les appartements sont restés en rade et ceux qui avaient investi avec trois fois rien se sont retrouvés endettés jusqu’au cou. Promoteurs et constructeurs ont été contraints de licencier des milliers de personnes qui ont dû quitter les lieux en catastrophe - on ne peut vivre à Dubaï que si l’on a un sponsor, un employeur, sinon on est jeté dehors. Quant au tourisme, il a commencé à chuter alors que Dubaï achevait des projets pharaoniques tels le Burj al-Arab, sublime voile de béton déployée sur la mer, dont la suite présidentielle coûterait plus de 15 000 euros la nuit. Le taux d’occupation des hôtels avait déjà chuté de 79 % en 2008 du fait de la crise (niveau le plus bas depuis 2004), et ce chiffre s’annonce bien pire pour l’année 2009. L’agence de notation Standard & Poor’s a estimé, la semaine dernière, que l’économie de Dubaï pourrait carrément plonger cette année, et réduit la note du fameux Emaar - le promoteur qui doit livrer la plus grosse tour du monde -, n’hésitant pas à lui coller des perspectives négatives.

 

Commentaires 

 
#4 Dubai repose sur du vent.
Ecrit par Un en maths     08-04-2009 19:30
Je reviens sur les propos ecris par Dubaiyote.
Effectivement Dubai est en crise comme le reste du monde.
La grosse différence avec le reste du monde c'est que Dubai n'est qu'une coquille vide, il n'y a rien dedans, ca a été un effet de mode. Depuis des années je regardais ce qu'il s'y passait avec étonnement. Toutes ces fortunes englouties dans du vent! Avec la crise les gens ont ouverts les yeux, le mirage est fini, il n'y aura qu'un seul Manhattan, qu'un seul Saint-Tropez, qu'un seul Picadilly Circus...
Le reste n'est que chimères.
On en reparle dans 5 ans, je pense que Dubai sera alors une immense ville vide de tout habitant, rongée petit à petit par le desert...
A plus,
Un en maths.
 
 
#3 Exageration
Ecrit par dubaiyote     06-04-2009 08:25
Etant resident a Dubai, je ne peux que denoncer ce type d'articles, aveuglement repris par Gnet.
Oui Dubai est en train de vivre des difficultes, comme partout dans le monde quand on a un systeme economique ouvert, toutes les economies dans le monde sont en ralentie, mais faut pas exagerer, surtout qu'il y a bbeaucou de mauvaise foi, en jouant avec les mots, comme par exemple 'Le taux d’occupation des hôtels avait déjà chuté de 79 % en 2008' et le sens de la phrase c'est: chute a 79%, et meme ce chiffre est competement errone (je parle de sources bien informees)

puis se poser la question si Burj Dubai aller etre termine, c'est comme une blague, dire aussi qu'il y a des partons en prison, quelle information est a signler ici? qu'il a des gens qui ne respectent pas la li a Dubai? oui c'est grave
 
 
#2 PROVERBE
Ecrit par KHAMMOUS     05-04-2009 11:36
Je trouve qu'ils ont appliqué le proverbe populaire qui dit:
A LA TERRE ET NON AUX ENFANTS BATARDS.
( littrab ouala louled lehlal ...excusez la rime pudeur oblige!.))
Ils ont raison c'est toujours mieux que de renflouer les MADOFF et Cie
 
 
#1
Ecrit par arabe malgre tout     04-04-2009 23:29
quand les arabes comprendront que la modernité n'est la construction des tours ,les voitures luxueuses,les ponts et les boulevards,mais la technologie,le savoir et surtout le travail productif;c'est à ce moment que le reste du monde nous respectera.l'Iran,la Corée du Nord ,Cuba restent des modeles que aucun pays n'osent les affronter et lesUSA et EU ont quelques part du respect envers ces pays.
 
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