L’Afrique ou l’utopie de Kadhafi

Publié le Vendredi 29 Juin 2007 à 15:08

Kadhafi se veut le leader des Etats-Unis d'Afrique.Kadhafi réchauffe les foules africaines et enflamme leurs ardeurs. Lors d’un périple qui le conduit à travers les pays africains, à la veille du Sommet de l’Union africaine prévu le 1er juillet à Accra, le guide de la révolution libyenne plaide, avec véhémence, pour l’avènement des Etats-Unis d’Afrique.

Un discours utopique et populiste s’il en est. Les populations africaines qui se laissent bercer , à leur corps défendant, par ces phrases hypnotisantes, se rendent vite à l’évidence que Kadhafi leur vend des idées chimériques, en total déphasage avec une réalité amère, faite de misère, d’analphabétisme et de conflits interethniques et tribaux.

Pris dans son ensemble, le continent africain donne l’image d’un corps gangrené et englué dans des difficultés inextricables de pauvreté et de sous-développement. Pris séparément, l’image des pays africains est, tout aussi, peu reluisante. Surendettés, minés par la mauvaise gouvernance et la corruption, dépourvus d’un tissu socio-économique et d’institutions politiques viables, les pays africains vivent, dans leur majorité, dans un chaos déconcertant.

Comment imaginer une union fédérale pour une entité intrinsèquement désagrégée ? Déjà que l’Union africaine, héritière de la défunte organisation de l’Unité africaine, peine à avoir une présence réelle sur la scène africaine et à parler d’une seule voie à un monde qui lui témoigne une surdité méprisante.

Quand Kadhafi fustige le pacte néo-colonial et l’immigration des jeunes africains vers les pays du Nord, il ne fait là que mettre le doigt sur le mal qui ronge l’Afrique.
Mais qui a été derrière ce pacte néo-colonial ? Qui a poussé les jeunes, désabusés et meurtris par le désespoir, de se hasarder dans des embarcations de fortune pour rejoindre l’eldorado européen ? Kadhafi, comme ses pairs africains, n’assume-t-il pas une grande responsabilité dans le naufrage africain ?

Bien évidemment que oui. L’élite africaine, tout autant qu’une certaine classe politique, s’est réfugiée pendant longtemps dans la thèse du complot pour expliquer la déroute. Elle s’est ainsi inscrite dans la continuité des célèbres discours libérateurs des mouvements de décolonisation, pour clouer au pilori un Occident pilleur, opportuniste et qui s’acharne sur le réservoir africain, le dépouillant de ses minerais et de ses richesses naturelles.

Un constat certes authentique, mais qui ne porte pas en lui toutes les raisons de la déliquescence. L’Afrique est tout aussi responsable de ses égarements et de ses échecs. La corruption et l’immoralité des ses politiques, la démission de ses intellectuels, l’apathie de ses populations sont autant de facteurs qui en ont scellé le destin tragique.

Maintenant, compter sur le bon vouloir de l’Occident et sur ses récurrentes promesses de co-développement pour sortir l’Afrique du gouffre, attendre l’Occident pour voir émerger des règles équitables de commerce international seraient s’accrocher à un mirage…Et les mirages, l’Afrique en a assez.
H.J.
 

Commentaires

 
#6 de quel afrique vous parlez
Ecrit par kakasa     02-07-2007 21:32
le discours du chef d'état lybien n'a rien de surprenant, pendant tte sa vie il racoonte des thèories (si elles sont bien des théories) qui n'ont rien avoir avec la réalité, parlez d'union arabe ou africaine c'est vraiment comique, la réalité est triste inutile de la décrire, donc je pense modestement que c'est du bla bla de la part du M.guadeffi, par contre il faut commencer des bases solides je rappelle à  cet égard que l'union européenne a été batie en vertu des accords de mastrikht qui date des années 70 (si je me trompe pas) donc il faut énormement de temps pour mettre en place une union sinon on va répéter le geste théatrale des pays (syrie egypte) à  oublier
 
 
#5 Khaddafi a raison.
Ecrit par JA     30-06-2007 18:21
On a beau se moquer des chimères de l'unité arabe ou africaire. Mais la vérité est là  : faute de vouloir et de pouvoir s'unir , les Arabes et les Africains resteront les " pions dociles " des grandes puissances , les "SMIGARDS" des sociétés multinationales et les "bouches affamées"attendant l'aumà´ne des aides humanitaires internationales ...
 
 
#4 Le respect.....Bis
Ecrit par mon     30-06-2007 16:57
Il est trés facile d'essayer de ridiculiser un chef d'état car il est atypique le qualifiant d' utopique et populiste ( relisez votre article)
Pourquoi vous n'avez pas parlé de Sarkosy au G8 et ses démêlés avec la Presse qui l'a pourtant bien fustigé.
Nous avons eu pendant les élections Françaises un à  deux articles par jour dont un nous parlant de démocratie, combien de fois avez vous parlé de l'expérience Mauritanienne? Doit on subir tel modèle et jamais un échos sur les autres.
C'est facile d'avoir des phrases galvaudées et passe partout qu'on a souvent dans la presse Français, pleines de bons sentiments.
Et lorsqu'on a la chance d'avoir un support journalistique, il faut se garder de la prétention et laisser les gens s'exprimer .
Personne n'a de leà§on à  donner, par contre le respect est indispensable et quand je vous réponds: je vous respecte.
 
 
#3 Liberté d\'expression
Ecrit par GlobalNet     30-06-2007 14:25
Il faut se garder de mélanger les genres. Critique ne veut, en aucun cas, dire irrespect. A moins que l'¢on veuille entretenir les amalgames et perpétrer des pratiques surannées qui nous confinent dans les dogmes de la censure et de l'¢autocensure.
Et si notre allergie Ã?« aux critiques Ã?», en l'¢occurrence bien mesurées, nous pousse jusqu'¢à  dénigrer les autres, ceci montre qu'¢on est totalement rétif à  la liberté d'¢expression et à  la pluralité des opinions. Ce qui est vraiment dommage.
 
 
#2 le respect..........................
Ecrit par mon     29-06-2007 21:26
Je croyais qu'on ne critiquait pas les chefs d'états étrangers.
il faut du respect, surtout qu'on ne maitrise pas le sujet.
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