Le 9 Novembre 1989 tombait le mur de Berlin

Publié le Lundi 09 Novembre 2009 à 13:29
La chute du mur de Berlin, le 9 Novembre 1989. Il y a 20 ans, le mur de Berlin a disparu, mettant fin à des décennies de guerre froide, sonnant le glas de la confrontation Est/Ouest et insufflant un vent de liberté à plusieurs régions de la planète…

La chute du mur de Berlin est un événement majeur qui a changé la face du monde. Sa portée historique est d’autant plus grande qu’elle est intervenue, à un moment où personne ne voyait rien venir. Un certain 9 novembre 1989, le cours de l’histoire s’est accéléré, imposant ses règles, faussant les calculs des hommes et balayant leurs dogmes d’un revers de main.

L’effondrement de ce rideau de fer qui coupait en deux une seule ville a battu en brèche les luttes idéologiques qui ont régi le monde depuis le lendemain de la deuxième guerre mondiale. Il a entraîné dans son sillage des grandes secousses géopolitiques dont l’aboutissement naturel, mais autrement crucial, était l’effondrement de l’Ex-URSS, sur fond de restructuration et de transparence, "Perestroïka" et "Glasnost "de Gorbatchev.

L’imparable Union des Républiques socialistes soviétiques s’est totalement désagrégée, la bipolarité entre l’impérialisme américain et le communisme soviétique passe de vie à trépas. Au-delà des bouleversements profonds ayant secoué cette région du monde, tantôt doux et sans heurts, tantôt dans une effusion de sang, avec notamment la meurtrière guerre des Balkans, le monde entier ne pouvait rester insensible à cet avatar historique, d’autant qu’il a fait et défait les alliances stratégiques, chamboulant les sphères d’influence et déplaçant le pouvoir de décision mondiale vers une seule puissance : les Etats-Unis. Celle que l’on nommait dès lors la superpuissance mondiale.

La chute du mur, que l’on commémore aujourd’hui avec faste à Berlin, est porteuse d’un enseignement majeur. Le besoin des peuples pour la liberté finit toujours par s’imposer de lui-même en dépit de tous les garde-fous à même de le contenir et d’en empêcher l’éclosion. L’expérience de l’Europe de l’Est gagnerait, toutefois 20ans après, à être rééditée dans d’autres régions du monde, qui restent obstinément réfractaires aux changements, aux réformes et à la démocratisation.

Dès les années 90, le vent de liberté qui a soufflé sur l’Est s’est entendu à l’Afrique, et des pays africains ont entamé des réformes politiques, dans la foulée du discours France/Afirique de François Mitterrand de La Baule. Même si les expériences menées restaient limitées, elles avaient permis d’amorcer une rénovation démocratique et de dégraisser les mammouths politiques en place.

Un mouvement qui a exclu toutefois la région arabe, qui se complaisait dans sa sclérose chronique. Les pays arabes qui appartenaient pour la plupart au G 77 et/ou au mouvement des non-alignés, ne se sentaient pas concernés par cet effet dominos, et se retranchaient dans leur propre logique idéologique. Une vision qui ne les a menés nulle part, et leur non-alignement présumé s’est transformé en une allégeance claire et imposée, au pays de l’oncle Sam. C’est là l’une des conséquences directes de la chute du mur et de l’effondrement du communisme sur les pays arabes. Ceux qui ont perdu encore plus de leur souveraineté, soumis qu’ils étaient (et le sont toujours), au diktat américain, notamment pour ce qui est de la gestion des affaires du Proche et Moyen-Orient.

Un état de fait qui se poursuit inexorablement, même à l’issue de la crise financière et économique qui a montré les limites du système américain, et a fait subir aux pays arabes, dont les placements aux Etats-Unis et en Occident se comptaient par milliards de $, des pertes financières colossales. Les pays arabes avaient à ce moment-là, une opportunité en or de se ressaisir, et marquer leurs distances avec ces hégémonies fragiles, mais ils ne l’ont pas fait. Une cécité face au mouvement de l’histoire, et une surdité envers ses enseignements...Viendra-t-il un jour où le monde arabe sera mis devant le fait accompli pour être acculé à accepter le changement, et à se libérer des chaînes culturelles idéologico-politiques qui le ligotent ? L’espoir reste permis, mais d’ici là, on aura plusieurs murs à abattre…
H.J.
 

Commentaires 

 
#3 les murs de chez nous
Ecrit par ghassan     09-11-2009 18:18
chez nous les seuls murs qui risquent de tomber sont les murs décrépis du centre de tunis. et ceux la risquent de faire quelques victimes notammment ceux de l'avenue ali belhouene et rue kamal ataturk. et la municipalité continue son tres lourd sommeil
 
 
#2 A quand?
Ecrit par Mehi     09-11-2009 16:58
Et nous, à quand la chute de nos murs?
Ils ne tomberont sûrement pas spontanément!!!
 
 
#1 Who cares?
Ecrit par Arabe ben Musulman ben Tunisie     09-11-2009 14:43
So what? Et alors? Who cares? On s'en fout. La chute du mur de Berlin a profité aux occidentaux, les américains en particluier avec la décadence définitive du modèle ennemi: le communisme. Mais pour nous autres arabo-musulmans, des murs de béton sont encore dressés dans nos coeurs. Il suffit de voir le mur de la haine aux territoires occupés, le mur entre le Maroc et l'Algérie, le mur entre une Egypte qui a vendu son âme au diable et le reste du monde musulman, le mur entre l'orient et le maghreb, le mur entre les gouverneurs et leurs sujets. Des murs, des murs et rien que des murs. Et vous me parlez de la chute du mur de Berlin !
 
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