Tunisie, Sihem Badi plaide la cause des enfants

Publié le Lundi 03 Décembre 2012 à 17:09
Le ministère des Affaires de la Femme et de la famille en partenariat avec l’UNICEF a organisé un plaidoyer en faveur de la Constitutionnalisation des droits de l’enfant, et ce à l’occasion du 23ème anniversaire de la parution de la convention internationale des droits de l’enfant.

Le mercredi 1er août 2012, la commission des Droits et des libertés à l’assemblée nationale constituante a voté les articles en rapport avec les droits de l’enfant. Le résultat du vote a été de 11 voix pour la première proposition et de 9 votes, pour la deuxième proposition. La première proposition stipule, que l’enfant à droit à la dignité, à la prise en charge, l’éducation, l’enseignement et la santé de la part de ses parents. Et que l’Etat doit assurer la protection juridique, sociale, physique et morale, à tous les enfants.

La deuxième proposition stipulait que l’Etat et les parents doivent assurer la dignité, la prise en charge, l’éducation, l’enseignement et la santé à l’enfant, et que toute forme de violence ou d’exploitation des enfants est interdite. Elle indique aussi , que tout enfant a droit à une identité depuis sa naissance, qui comprend un prénom et un nom de famille, une date de naissance, une nationalité et l’appartenance à une famille, et que l’Etat doit assurer la protection juridique et la considération sociale et morale de tous les enfants sans différenciation.

Cette deuxième proposition ajoute que l’Etat doit réactiver les droits de l’enfant dans tous les domaines et qu’en cas d’opposition avec d’autres droits, la priorité serait aux droits de l’enfant.

Abdelkarim Hizaoui, directeur du Centre africain pour le perfectionnement des journalistes et communicateurs, a parlé du rôle des médias dans la protection de l’enfance. Il a indiqué que les médias doivent respecter les droits de l’enfant,  se doivent de diffuser des informations utiles à l’enfant, ne pas instrumentaliser les enfants pour faire de la propagande ou à des fins publicitaires, et ne pas rendre publique l’identité d’un enfant et son  image. Ces recommandations font partie de la charte de La fédération internationale des Journalistes :  «Cette responsabilité est collective…chaque parent ou citoyen doit attirer l’attention sur tout dépassement contraire à ces principes », dit-il avant d’ajouter que le  rôle des médias était l’investigation dans les affaires en rapport avec les enfants, « et de faire la lumière sur un fait divers important, pour en faire une affaire d’opinion et faire bouger la législation dans le bon sens, comme c’est le cas en France. Ce qui n’est pas encore le cas en Tunisie…Par exemple l’affaire de Sami Fehri, n’est pas une affaire d’opinion publique, mais quelqu’un y a soufflé pour qu’elle prenne de l’ampleur, alors qu’il existe d’autres affaires qui ont besoin de plus de médiatisation », a-t-il dit.

Hatem Kotrane, universitaire et militant des Droits de l’Homme s’est interrogé au cours de cette rencontre, sujet de la législation concernant les droits de l’enfant. « L’article 31 de la première mouture de la constitution est sujet à controverse…la constitutionnalisation des droits de l’enfant nous donnera une idée sur la nature du modèle politique et social que nous désirons adopter ».

Il a critiqué l’article adopté par la commission des Droits et des libertés à l’ANC. Selon lui les obligations de l’Etat et de la famille ne sont pas très précis et que l’aspect de non ségrégation n’est pas indiqué. « Au contraire, dans cet article il y a ségrégation puisqu’on évoque  seuls les droits des enfants qui ont une famille, et pas tous les enfants. Il a également ajouté qu’il était nécessaire de préciser dans la constitution le droit de l’enfant à s’exprimer et à donner son avis.

La ministre des Affaires de la Femme et de la Famille, Sihem Badi a clôturé le colloque en déclarant que plusieurs enfants qui sont en âge de scolarisation sont dans la rue, d’autres souffrent de mal nutrition ou sont contraints à travailler. « Nous avons des enfants qui ne sont même pas vaccinés, ou ne sont pas scolarisés parce qu’ils souffrent d’un handicap même léger, ou sont victimes de violences physiques, verbales ou sexuelles…Il y a un immense travail qui nous attend…notre but est de constitutionnaliser les droits de l’enfant, mais ce n’est pas suffisant...il faut les concrétiser sur le terrain…que celui qui constate une quelconque violation des Droits de l’enfant la signale aux autorités…notre but est que l’enfant puisse porter plainte contre le ministre, le professeur, l’éducateur, le citoyen, les médias, ou l’Etat, s’ils lui ont porté préjudice ou ont manqué à leur devoir. L’Etat qui ne respecte pas les droits de l’enfant, ne respecte pas les droits de l’Homme » a dit la ministre.  Elle a également parlé des programmes éducatifs inculqués aux enfants au sein de  certaines institutions éducatives :  « Des projets qui font peur pour l’avenir de l’enfant », selon Sihem Badi, qui a appelé à ce que l’Etat prenne en charge la généralisation d’un projet éducatif modéré et démocratique, « sinon d’autres personnes se chargeront de propager leur projet…car ils savent qu’ils peuvent commencer à répandre leurs idées de la base, chez les enfants, s’ils trouvent un vide », a-t-elle précisé.

A cet effet, le ministère a élaboré une nouvelle proposition d’article qui a été remise à l’ANC, dont le texte est le suivant : « En Tant qu’être humain disposant d’une identité propre, l’enfant doit bénéficier de tous les droits ; l’Etat doit s’engager à le respecter et en assurer la protection et la réalisation sans discrimination d’aucune sorte pour tous les enfants. L’intérêt supérieur de l’enfant et son droit de participer à toutes les décisions qui le concerne doivent être pris en considération. L’Etat et les parents se doivent d’assurer à l’enfant le droit au développement, à l’éducation, à la santé et à la protection contre toutes les formes d’abus, de violence et d’exploitation. En vue de leur réalisation, l’Etat s’engage à adopter les mesures législatives et mettre en place les mécanismes et les programmes nécessaires, y compris le mécanisme indépendant de suivi et de surveillance ».
 
Chiraz Kefi

 

Commentaires 

 
+1 #1 C'est bien.
Ecrit par Tounsi     03-12-2012 20:01
C’est bien de donner la chance à nos enfants d’êtres des leaders. Une génération bien éduquée bien formée nous fait le grand plaisir, parce que ces eux qui vont nous replacer.
Si on voie sur une tige des feuilles vertes qui viennent on dit que l’arbre est vivant.
 
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