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"La Harga existe" (NDLR immigration clandestine), reconnaît Mohamed Agrebi, c’est un phénomène connu de tous, et qui plus est, entraine des problèmes sociaux. La solution est de conclure des accords bilatéraux avec les pays d’accueil en vue d’organiser l’émigration, et de préserver la dignité de nos jeunes, d’autant plus que nous avons de grandes chances sur le marché du travail extérieur".
Esquissant un léger sourire, Mohamed Agrebi, ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, a affiché pragmatisme et positive attitude ce soir sur TV7, s’efforçant de minorer les difficultés d’insertion et d’embauche "des chômeurs qui remplissent les cafés", tel que l’a déploré l’un des intervenants. Tout au long de cet échange d’à peine deux heures, le ministre a exhorté les uns et les autres à être dans l’air du temps. Il a fustigé à demi-mot des pratiques archaïques qui ont fait que la Tunisie rate le coche sur le marché du travail extérieur, un réservoir, à ses yeux, pour les compétences tunisiennes.
Révolue la vision étriquée du marché de travail national, aujourd’hui l’on parle de marché mondial, dont il faut connaitre et anticiper les besoins, a-t-il expliqué. "La Tunisie a des compétences et des expertises à même de conquérir les marchés extérieurs, mais on n’a pas su saisir nos chances, car on a eu recours à des canaux administratifs traditionnels et anachroniques".
L’Australie, le Canada, l’Afrique, les pays du Golfe constituent des marchés prometteurs pour les compétences tunisiennes, pourvu que l’on sache les appréhender, a-t-il indiqué en substance, faisant savoir que son ministère a recours aux bureaux d’études mondiaux afin qu’ils prospectent les besoins de ces marchés, y déterminer les débouchés potentiels, en vue d’y placer nos compétences. Son ministère s’appuie, par ailleurs, sur d’autres ressorts comme les associations d’amitié, les représentations étrangères, ainsi que les rencontres avec les professionnels étrangers. Une délégation canadienne se rendra en Tunisie le mois prochain pour étudier l’offre tunisienne en compétences, et spécialités, a-t-il annoncé.
Mohamed Agrebi a mis en garde, à cet effet, contre les arnaqueurs, en l’occurrence, ces bureaux qui soi-disant facilitent le travail à l’étranger. "On n’a autorisé aucun bureau de ce type en Tunisie, et l’embauche sur le marché de travail local ou étranger relève des attributions des bureaux de l’emploi, a-t-il affirmé.
Le ministre a reconnu qu’il existe un problème de chômage en Tunisie dont le taux est de 13% ; une moyenne cela s’entend, avec des fluctuations selon les régions. Mais, il n’aime pas parler "de chômeurs dans les cafés". Selon son analyse, le marché du travail comprend l’offre et la demande, avec des personnes qui travaillent en permanence, des travailleurs occasionnels, et d’autres qui sont demandeurs d’emploi, précisant que 60% des demandes d’emploi proviennent des diplômés du supérieur.
A l'entendre, le marché d'emploi offre de larges horizons, et il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Il a appelé les jeunes à dépasser le cadre étroit de la formation académique pour s’ouvrir sur d’autres perspectives. Un diplômé en mathématiques, ou en géographie ne doit pas limiter ses chances au CAPES, et à l’enseignement dans les lycées publics et privés. Il doit viser des opportunités plus larges grâce une formation complémentaire en langues, en informatique etc. Ceci est vrai pour toutes les autres spécialités qui connaissent des difficultés d'insertion : physique, chimie, philosophie, sciences humaines etc. Avec une formation complémentaire de 3 à 4 mois, des stages dans l’entreprise, ces jeunes peuvent décrocher un emploi dans le tourisme, le domaine culturel, l’aide aux personnes âgées etc.
Interrogé sur les SIVP, stage d’initiation à la vie professionnelle, et plus précisément sur l’opportunité de ce délai attente de six mois ( depuis l’obtention du diplôme) que le diplômé doit observer pour y accéder, le ministre a indiqué que la priorité en la matière doit être donnée aux anciens demandeurs de travail, ceux dont le chômage dure depuis deux ans, ou plus.
Par ailleurs, "le renouvellement du SIVP d’une période de six mois n’est pas automatique, il n’intervient que si l’on est assuré qu’il va déboucher sur un recrutement réel. Car, mieux vaut retrouver un jeune sans emploi au bout de 12 mois, que de 18 mois".
Et la formation professionnelle ? Même si l’affluence est de plus en plus grande sur les centres de formation professionnelle, ce dispositif souffre encore de cette image dévalorisante qui lui colle à la peau, étant réputé comme un refuge pour les recalés de l’enseignement, et d’autres personnes en situation d’échec. C’est ce qui fait d’ailleurs que les centres de formation soient sous-exploités, 50 à 60% de leur capacité. Mais voilà qu’en cette rentrée de septembre, "un engouement pour les filières de formation a été constaté, notamment des bacheliers, des bac+4 et autres", de quoi en redorer le blason.
En partisan manifestement convaincu de la mondialisation, le jeune ministre n'a pas manqué de rappeler que les centres forment pour l’entreprise tunisienne et étrangère, voire pour le marché du travail intra et extramuros. Ce qui pose des imparatifs : parfaire la qualité de formation, se rapprocher des standards internationaux, et instaurer une reconnaissance mutuelle des diplômes avec des pays étrangers.
Mohamed Agrebi n'est pas le premier membre du gouvernement à le reconnaître ; "nos jeunes ne maîtrisent pas les langues, a fortiori l’anglais", un must par les temps qui courent. Il annoncé que 15 mille diplômés du supérieur seront formés dans la langue de Shakespeare, ne serait-ce que pour répondre aux besoins des sociétés étrangères installées dans nos murs.
S’agissant de l’insertion des anciens détenus, le ministre a indiqué "que 800 détenus ont bénéficié de nos interventions, par le biais d’une formation dont ils bénéficient en prison, afin qu’ils puissent se réintégrer dans la sphère de la vie active, une fois libérés".
Quid de la formation en bâtiment, dans son rapport avec les fameux mégaprojets ? Le ministre n'a pas soufflé mot sur le sort de ces derniers. Son souci semble être la répulsion des jeunes envers les métiers du bâtiment, "un secteur stratégique pour nous, avec ou sans les mégaprojets".
H.J.
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Commentaires
Ecrit par el_manchou 11-10-2010 17:25
Ecrit par Le Tunisien 08-10-2010 09:20
Construisons ensemble l'avenir de notre TUNISIE pour que nos enfants restent dans le pays.
Une anecdote, un jeune homme s'est présenté à son père pour lui demander de l'argent pour un opération de "Harga", le père demande à son fils de lui montrer le monsieur. Le père et le fils se mettent d'accord et ils rentrent à la maison avec un projet génial. Le père s'éclipse et quitte le foyer sans dire un mot en décidant que la Harga et le meilleur chemin pour faire vivre sa famille. Son fils a été récupéré par un club sportif, il a eu son Bac, il est un bon étudiant équilibré et compte aussi procéder à El "Harga" mieux que son père pour assurer son avenir et l'avenir de sa famille...
Ecrit par Azerty 07-10-2010 00:21
En tous cas, je comprends mieux pourquoi tu viens aboyer ta haine sur ce forum.
Allez, (...) reste sage.
Ecrit par Ben Whirlpool 06-10-2010 20:44
Ecrit par fbs 06-10-2010 15:41
Ou est donc la formation continue? la réponse est tous simplement morte et enterré malgré les recommandations du président de la république et ses recommandations
En effet le ministère exige des sociétés leurs participations dans la formation de base pour bénéficier de la formation continue
le résultat est le suivant la majorité absolue des sociétés ne peuvent participer faute d'apprentis dans la majorité des secteurs ( NTIC, TRANSPORT) voir même l'alternance dans certains secteurs
Les conséquences , le maintien des postes est déstabilisé a cause de l'absence de la reconversion du personnel a travers la formation continue
personnellement je propose que le ministère ouvre une enquête d'évaluation de la formation continue pour reformer ce fameux droits de tirage