Tunisie, une vaste réforme des circuits de distribution

Publié le Mardi 29 Décembre 2009 à 17:30
Modernisation tous azimuts des circuits de distribution. La nouvelle plateforme de commerce de gros, le Rungis tunisien, élirait domicile à Jbel Ouest, pour un coût de 60 millions de dinars. Son étude de faisabilité a livré ses secrets, et ses résultats sont en cours d’examen au sein du gouvernement, apprend-on de source proche du dossier.

Le bureau d’études chargé de la réalisation de l’étude de faisabilité sur la plateforme de commerce de gros a fini ses travaux, et a conclu au caractère faisable du projet pour un coût de 60 millions de dinars, nous indique, en exclusivité, une source autorisée. La nouvelle plateforme de commerce de gros fera figure d’une base logistique moderne et aux standards internationaux. La région de Jbel Ouest aurait été choisie pour abriter cette nouvelle plateforme qui sera opérationnelle entre 2014 et 2016. La nouvelle structure en devenir ne se substituera pas au marché de gros ou MIN (marché d’intérêt national) de Bir El Kassâa, mais le complétera. Propriété de l’Etat, elle sera gérée par des opérateurs privés, et constituera un point de rencontre de différents intervenants : agriculteurs, grossistes, détaillants, professionnels de l’import/export, hôteliers, restaurateurs, transporteurs, banques, sociétés d’affaires etc. Cette nouvelle place commerciale qui promet d’être effervescente, verra défiler un flux important de transactions commerciales des plus diverses : horticulture, produits frais de qualité, catégorisés, semi transformés, épices, viandes, volailles, poissons etc. destinées tant au marché national qu’international. Son avènement marquera l’instauration de nouvelles pratiques dans le commerce de gros et encouragera une plus forte implication du secteur privé dans le champ commercial. A fortiori que l’Etat compte s’en désengager progressivement, au bénéfice des opérateurs privés.

En attendant que le gouvernement dise son dernier mot sur ce projet, les circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche font l’objet d’une profonde restructuration, à la faveur du programme national de mise à niveau. Quatre filières sont concernées : fruits et légumes, viandes rouges, produits avicoles et poissons.

Tout d’abord, l’état des lieux. Les circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche comptent 1131 unités publiques, dont notamment 105 marchés de gros des fruits et légumes, 148 marchés aux bestiaux, 217 abattoirs municipaux, 241 marchés de détail, 377 marchés hebdomadaires, 41 marchés de gros de poissons ainsi que le marché de gros de Bir El Kassâa et le complexe Ellohoum. Le secteur privé est présent dans le secteur à travers 36 abattoirs de volailles, 32 000 commerçants de gros et de détails, et 05 opérateurs sont présents dans le secteur des GMS (Grandes et moyennes surfaces).

Le secteur commercial en Tunisie, qui représente 10 % du PIB et 10 % en matière d’emploi, se doit de se moderniser pour s’adapter à la conjoncture de l’heure, caractérisée notamment par l’entrée en vigueur da la zone de libre échange avec l’Union Européenne et le démarrage en 2008 des négociations agricoles entre Tunis et Bruxelles. Même si les échanges agricoles ne feront pas l’objet d’une libéralisation intégrale, mais, probablement, de listes préférentielles, le secteur agricole serait peu ou prou, appelé à évoluer dans un contexte concurrentiel. Autre enjeu et non des moindres : la préservation des taxes de l’Etat et des collectivités locales ; de telles taxes constituent, en effet, +15% du total des recettes municipales.

Vers un consortium national de commerce
Des produits catégorisés seront présents dans les circuits de distribution. Le programme de mise à niveau revêt deux aspects : le premier est matériel (infrastructure, équipements…), et le deuxième est immatériel (organisation, formation et gestion…).
Il vise à promouvoir des produits catégorisés, présentés selon différentes classes de qualité. D’où l’installation prévue d’un système d’information et de gestion de la qualité, de la catégorisation et de la traçabilité des produits, selon une solution clef en main. Il s’agit aussi de respecter les règles d’hygiène et d’environnement au sein des marchés, des abattoirs, et au niveau des circuits informels où ces règles ne sont pas appliquées ; d’assurer la fluidité et la transparence des transactions en vue de garantir la régularité des approvisionnements et la formation des prix sur la base de la concurrence loyale et de préserver les intérêts économiques de l’Etat et des collectivités, en fiabilisant le recouvrement des taxes et autres créances.

Le programme de mise à niveau se fera en deux phases, la première (2007-2011) et la deuxième (2007-2016). Des investissements de 183.1 MDT seront alloués lors de la première phase, dont 47 % de fonds publics et
53 % de fonds privés. Une enveloppe de 73 MDT a été d’ores et déjà allouée jusqu’à 2009, soit 40 % du total des investissements. Les mécanismes de financements sont l’Agence française de développement (AFD), la Banque des PME, le FONAPRAM, la BTS et les sociétés SOTUMAG et Ellouhoum.

De nouvelles réglementations seront promulguées, et de nouvelles incitations décrétées en vue d’accompagner ce processus de mise à niveau dont le but est d’assurer une migration progressive vers des plateformes de commerce modernes selon les standards internationaux, la création d’un réseau national d’acteurs, une sorte de consortium national de commerce, et la promotion des échanges commerciaux avec l’extérieur, ainsi que le développement du commerce électronique, avec l’instauration de commandes, facturation et paiement à distance et de la livraison directe sans obligation de présence physique des individus et des produits.

H.J.

 

Commentaires 

 
#2 RE: Tunisie, une vaste réforme des circuits de distribution
Ecrit par fbs     31-12-2009 19:41
CE EST EN MESURE DE COMPLETER LE PROGRAMME DE MISE ANIVEAU DE L'INDUSTRIE ET SON DECLECHEMENT VA S ENCHENER AVEC LE PROGRAMME DE MSE A NIVEAU DES SERVICES

BONNE STRATÉGIE DE NOTRE GOUVERNEMENT, CE QUI PROUVE D AILLEURS QUE LES POUVOIRS PUBLICS DISPOSENT D UNE STRATÉGIE DE MISE A NIVEAU GLOBALE ET CE RYTHME NOTRE POTENTIEL D EXPORTATION VERRA UNE CROISSANCE CONSIDÉRABLE
BRAVO DONC ET QUE DIEU NOUS PROTÈGES
 
 
#1 SEPARER LES AFFAIRES DU POLITIQUE
Ecrit par Optimiste malgré tout     30-12-2009 13:54
"Propriété de l’Etat, elle sera gérée par des opérateurs privés..."

Pas de spéculation mais attendons de connaitre les noms de ces derniers.
 
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