Tunisie/bâtiment, la qualité des granulats en débat

Publié le Mercredi 16 Décembre 2009 à 12:16
La Tunisie possède de grandes quantités de granulatsLes granulats, en termes plus communs, ce sont le sable et le gravier issus des carrières. C’est à leur sujet que se sont rassemblés, hier à Ghammarth, les professionnels des mines et du bâtiment, car ils représentent deux éléments essentiels au secteur du bâtiment, et à l’industrie de manière générale. « Le mètre cube de béton consomme 2 tonnes de granulats et la construction d’un lycée ou d’un hôpital exige, à elle seule, entre 20000 et 40000 tonnes de granulats. » explique le responsable de l’Institut National de la Normalisation et de la propriété industrielle (Innorpi). C’est pourquoi, il est indispensable de se pencher sur la qualité de ces ressources d’une part, et de leur pérennité d’une autre part.

Le secteur des carrières souffre d’un manque d’encadrement et de failles juridiques. Entre gestion abusive et pollution de l’environnement, il est devenu indispensable d’intervenir et de mettre en œuvre une nouvelle législation plus efficace. Le ministre de l’Equipement, de l’Habitat et de l’aménagement du territoire, présent lors du séminaire a insisté sur le rôle social que jouent ces exploitations. Elles fournissent non seulement le secteur du bâtiment mais aussi l’industrie telle que celle du verre, pour la création de matériaux dérivés. «nous nous sommes penchés sur la question du sable calcaire et nous l’avons introduit dans l’industrie. Le sable représente une ressource qui vaut de l’or pour notre pays. De son extraction jusqu’à sa transformation, il sollicite un nombre important de main d’œuvre. Aujourd’hui, il faut que sa gestion soit efficiente », a souligné le ministre dans son allocution à l’ouverture du séminaire. Il a également mis l’accent sur l’importance d’un produit de grande qualité. En effet, durant le prochain quinquennat 300 000 nouvelles habitations sont prévues, et le pays table sur 1500 kilomètres d’autoroutes d’ici l’année 2020, sans compter le nombre de routes à réhabiliter et les barrages et autres infrastructures à réaliser.

Or la qualité des granulats laisse à désirer. Parce que l’échantillonnage, la transformation et l’analyse de ces matériaux ne répondent pas à des exigences strictes. Les granulats produits par nos mines doivent répondre à des normes internationales et par conséquent être certifiés par l’Innorpi. « Ce que nous proposons c’est que chaque carrière de granulat ait en son sein un laboratoire d’analyse de qualité. Les analyses les plus fréquentes auront lieu sur place, les autres se feront dans des laboratoires spécialisés » propose le représentant de l’Innorpi. Et à Sihem Ben Soltane
Directrice des carrières au Ministère de l'Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, d’évoquer le cahier des charges instauré pour encadrer l’activité. Mais des failles ont vu le jour, et il est devenu essentiel d’externaliser la préparation de ce document dont le rôle est d’organiser le secteur. Ces cahiers seront désormais faits par des bureaux spécialisés qui eux s’occuperont de l’échantillonnage. « Un autre problème de taille, l’éloignement des mines du centre névralgique qui est le grand Tunis. Plus les carrières s’éloignent, plus les prix des granulats deviennent élevés. Il est alors important d’insister sur la qualité de ces matières. Il faut traiter le granulat avec beaucoup de respect. Je persiste sur l’importance de s’équiper correctement en matériel adéquat pour le traitement des graviers. Il n’y a pas de qualité médiocre de carrière, il n’y a que de mauvais traitements », ajoute la directrice des carrières.

Il y a aussi le cas des carrières polluantes, Sihem Ben Soltane
a évoqué la nécessité de mettre en place une législation qui implique une caution d’exploitation. C'est-à-dire que l’exploitant doit payer pour avoir un permis de gestion de carrière, et ce dans le cadre du principe pollueur-payeur, comme c’est le cas dans certains pays voisins. « Il faut également instaurer des interdictions dans certains sites surtout, s’ils sont archéologiques et historiques, ou quand l’exploitation présente des risques sur l’environnement et les personnes » ajoute-t-elle. Par ailleurs, le secteur des carrières manque de main d’œuvre spécialisée. Il n’existe plus de formation d’ingénieur de mines qui s’effectue intra-muros. Les seuls techniciens formés en Tunisie seront appelés à se spécialiser.

Les attentes du secteur et ses manques sont légion. Les responsables en sont conscients et ont invité les professionnels du secteur à proposer des solutions et à formuler leurs doléances dans la perspective d’y mettre de l’ordre.
Chiraz Kefi


 

Commentaires 

 
#2
Ecrit par le routier     16-12-2009 19:07
la nature des granulats devient aussi médiocre quand dans une région il n'y a pas beaucoup de carrières et que par contraintes budgétaires on est amené à acheter de la mauvaise qualité. c'est surtout ce qui se passe dans nos routes ou les granulats utilisés en fondation sont de mauvaises qualité donnant lieu à des dégradations et des tassements de la route. Ces granulats doivent répondre aux spécifications techniques internationales et les essais doivent être bien fait (sans corruption) pour juger de la qualité et décider de l'utilisation de la roche. Sinon on sortira jamais de l'auberge.
Le routier
 
 
+1 #1 bienvenu a bizerte
Ecrit par C_Moi     16-12-2009 13:58
internautes, venez visiter bizerte et vous allez découvrir ce que c'est qu'une cimenterie et ce que c'est qu'une pollution a coeur ouvert.
 
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