Université/Tunisie : Quid des primes d’encadrement ?

Publié le Lundi 27 Décembre 2010 à 18:03
La soutenance des thèses au sein des universités tunisiennes sera réglementée. Un chantier vaste, que celui de la soutenance des thèses et des mémoires. Le ministère vient de faire la lumière sur les primes d’encadrement, mais d’autres aspects restent à revoir dont la lenteur en matière de soutenance des thèses et des mémoires.

Le ministère de l’Enseignement supérieur a publié une circulaire récente régissant l’octroi des primes d’incitation à la promotion des compétences, en l’occurrence, l’encadrement des thèses et des mémoires.

Cette circulaire fait suite au décret n’o 1712 du 5 juillet 2007 ayant  institué une prime d’incitation pour la promotion des compétences, au profit des professeurs de l’enseignement supérieur, des maîtres de conférences et des maitres-assistants qui encadrent des thèses et des mémoires.  

Le directeur de thèse sera payé, en vertu de cette circulaire, sur la base du nombre des thèses soutenues tous les deux ans successifs. La prime lui sera versée sur chaque thèse dans trois mois au maximum après la soutenance. La prime sera sous forme d’avance (1700 dt) pour la première  thèse. Au moment de la soutenance de la deuxième thèse la même année, ou l’année suivante, la différence, soit 800 dt, lui sera versée avec la prime au titre de la deuxième thèse (2500 dt).

Pour bénéficier de ces primes, à partir de la deuxième année consécutive, le directeur de thèse doit avoir soutenu une thèse et deux mémoires.
Le bénéfice de la prime d’incitation à la promotion des compétences, ne peut commencer qu’à partir du troisième mémoire soutenu la même année, avec un plafond ne dépassant pas six mémoires. Le montant de la prime est de 400 dinars pour chaque mémoire. La prime est versée dans un délai maximum de trois mois après la soutenance.

La prime n’est pas versée au profit du professeur de l’enseignement supérieur, ou maître de conférence, s’il n’a pas fait soutenir une seule thèse de doctorat sous sa direction pour la troisième année consécutive, et s’est limitée à encadrer des mémoires de master.

La prime est versée par l’université à laquelle appartient l’enseignant-encadreur et ce pour les thèses et les mémoires soutenus dans les institutions y relevant ; les thèses et les mémoires soutenus dans des institutions relevant d’autres universités (l’enseignant-encadreur doit en informer dans ce cas l’université), et les thèses codirigées inscrites dans l’une des institutions y relevant.

La prime est versée par  l’université à laquelle appartient l’étudiant au profit du chercheur-encadreur appartenant à l’un des centres de recherche relevant du ministère, ou de l’enseignant-encadreur appartenant à l’un des ISET. La prime est versée par l’institution à laquelle appartient l’étudiant au professeur-encadreur relevant d’une institution de cotutelle.

Mais si des primes sont versées aux directeurs de thèses et encadreurs de mémoire, les membres du jury ne sont pas payés, comme nous le dit un professeur d’enseignement supérieur qui officie dans l’une des universités de Tunis : "Cela m’arrive souvent de partir à Sousse pour assister à une soutenance de thèse, après avoir rédigé un rapport -une thèse requiert deux rapports positifs pour être soutenue- sans que je ne touche une quelconque rémunération".

Par ailleurs, des thèses mettent longtemps pour être soutenues, pour manque d’organisation et manque de personnel. "Des étudiants attendent pendant une année pour pouvoir se voir fixer une date pour la soutenance", nous dit ce professeur.  D’où la réflexion en cours en vue de la réglementation des thèses.

Un texte de cadrage serait en préparation à cet effet, pour donner de nouvelles missions aux écoles doctorales afin qu’elles puissent fédérer les moyens et être au centre du dispositif d’encadrement.  En vertu de cette réglementation, l’étudiant devra trouver dans l’école doctorale les moyens lui permettant de mener ses recherches, avec l’accompagnement l’encadrement nécessaire, et avoir la possibilité de suivre des séminaires, des colloques ; de manière qu’il puisse évoluer dans sa carrière. Ces écoles doctorales doivent s’inscrire dans la continuité de la réforme LMD et le système des crédits. En l’état actuel, rares sont les étudiants qui accèdent au master ou en études doctorantes avec tous leurs crédits, un point qui reste à régler.

Gnet


 

Commentaires 

 
#8 et les chercheurs
Ecrit par blasé     30-12-2010 00:33
Les enseignants chercheurs dans les centres de recherche ceux qui font de la "recherche à plein temps" et qui ont le même statut que ceux qui "enseignent à plein temps", sont complètement oubliés par la réforme. ceux qui font tout le boulot et voient se gréffer des noms d'universitaires, qui n'ont jamais vu l'étudiant ni son travail, sur les mémoirs ...et qui cueuillent froidement le travail des autres et se font rémunérer en plus! le chercheur lui souvent obligés de payer de sa poche toute sorte de dépense. je pensais qu'il y avait une prime d'encadrement déjà intégrée dans le salaire...derrière cette réforme il y a des professeurs et directeurs de thèse affamée..bonjour la qualité du travail scientifique
 
 
#7 Réfléchir aux effets pervers
Ecrit par Sami Boussoffara     29-12-2010 19:26
L’instauration de primes d’incitation à la promotion des compétences et à l’encadrement des thèses de doctorat et des mémoires de mastère a été favorablement accueillie par les enseignants universitaires et par tous ceux qui espèrent une amélioration quantitative et qualitative de la production en matière de recherche académique. Il reste que la mise en place d’un système d’incitation s’accompagne souvent de comportements qui détournent le dispositif de sa logique originelle. C’est pourquoi, il est important de réfléchir aux effets pervers qui peuvent être potentiellement générés par ce système. Plus explicitement, il ne faut pas que les enseignants universitaires qui encadrent les mémoires et les thèses se transforment en chasseurs de primes au détriment de la qualité, de la rigueur et surtout de l’honnêteté scientifique qui, de l’avis de nombreux universitaires, sont en net recul ces dernières années.
 
 
#6 pseudo Ecole Doctorale
Ecrit par Doctorant     28-12-2010 18:55
Le directeur de mon "Ecole Doctorale" m'a refusé une bourse pour un déplacement à l'étranger (qui est un droit acquis et une nécessité absolue), alors qu'il vient de l'accorder à d'autres juste quelques jours avant, et je n'ai même pas eu l'audace de le confronter avec ça !
et il croyait me convaincre avec une explication "administrative" qui ne tient debout.

L'Etat fait ce qu'elle peut pour la Recherche scientifique, mais ce sont ces directeurs et "pseudo responsables" qui nous mettent toujours des bâtons dans les roues et font je ne sais quoi avec ses budgets !!!

Je chercherai le JORT qui fixe l'obtention de ces bourses et je ferai une réclamation contre ce "directeur" auprès du Ministre.

Dommage qu'il y aura toujours quelques uns qui veulent qu'on reste des tiers-mondistes.
 
 
#5 Dégouté...
Ecrit par technologue     28-12-2010 14:49
Juste pour répondre au post de Mr HEDI...tout ce que vous dîtes n`est pas nouveau..que ce soit au niveau des jurys ou mêmes au niveau des mutations...allez voir le cirque de fin d`année à la DGET de l`enseignement superieur et leurs réponses en langue de bois..Perso ca fait 8 ans que j`attend une mutation et je ne vois défiler que des mutations dites exceptionnelles de X ou Y qui n'ònt que 4 ou voir moins d`années d`expériences...alors ne venez pas me parler de primes...
 
 
#4 RE: Université/Tunisie : Quid des primes d’encadrement ?
Ecrit par Hedi     28-12-2010 13:14
Ma soeur a un PHD en Chimie Organique et travail dans un labo de recherche à l'étranger, se voit refuser un poste en tant qu'enseignante à l'Université de Tunis parce que le président du jury a déjà une prétendante parmi ses étudiante. et dire qu'il n'y a pas de corruption !!!!je comprends pourquoi le niveau et aussi bas !!
 
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