Les besoins spécifiques des femmes ne sont pas pris en compte dans le budget de l’Etat (Faïza Kéfi)

20-11-2019

Dans le cadre des travaux du Comité National pour la Promotion de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes dans la gestion des affaires locales (CNP-EGAL), le centre de recherches, d’études, de documentation et d’information (CREDIF), a organisé ce mercredi 20 novembre un atelier national sur les « Dispositifs de monitoring genre des textes de loi et politiques publiques ».

Cet atelier a pour objectif de proposer une lecture genre du budget de l’Etat 2020.

Intervenue à cet atelier, l’ex-présidente de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT), Faiza Kefi, a présenté une lecture de la loi de finance 2020.

A ce sujet, elle a rappelé que les dépenses de l’Etat sont classées par ministères et par programmes et missions, qui comprennent 7 catégories : les dépenses salariales,  la gestion, l’intervention, l’investissement, les opérations financières, les charges de financement, les dépenses imprévues et non réparties.

Faiza Kefi s’est penchée sur l’article 18 de la loi de finances 2020, qui stipule que « le chef de programme veille à la préparation du budget suivant les objectifs et indicateurs garantissant l’équité et l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, entre les différentes catégories sociales ».

Elle a indiqué aussi que : « selon le même article, les collectivités locales reçoivent deux types de dotations, l’une sous forme de subvention et l’autre sous forme de transfert de l’autorité centrale pour la réalisation de projets de l’Etat au niveau régional.

«  Malgré tous ces progrès, la prise en compte spécifique des femmes n’est pas intégrée dans les procédures de financement des municipalités…Sachant qu’aussi, les besoins élémentaires des femmes s’expriment d’une manière récurrente dans les régions, en termes de transport, d’éclairage public, de routes, d’accès à l’eau potable surtout dans les régions nouvellement créés ».

 Des mairesses face à une exclusion selon le genre
A cette occasion, Najla Allani la directrice du CREDIF, a rappelé que 47% des directeurs des conseils municipaux en Tunisie sont des femmes.

« Cela revient à l’instauration de la parité horizontale dans les listes électorales durant les élections municipales de mai 2018. ».

Elle a appelé à un amendement de la loi électorale, afin de préserver le principe de la parité au sein de l’ARP également.

« Malgré l’accès massif des femmes aux postes de mairesse dans les différentes régions de Tunisie, elles confrontent encore une exclusion significative, liée au genre.

C’est ce qu’a confirmé le témoignage de Naziha Kaddacha, la première mairesse femme, à Menzel Jmil.

Cette ancienne juge a révélé que les citoyens de la région ne sont pas encore habitués à voir une femme dans un poste à responsabilité.

A ce sujet, elle a évoqué une anecdote  qu’elle a vécue avec un habitant de Menzel Jamil, qui a ramené sa femme avec lui à la municipalité pour la rencontrer, en disant qu’il n’a pas l’habitude de s’adresser à une femme maire…

D’autre part la mairesse de Baanan, a parlé de la discrimination qu’elle a subie à cause de son âge. « Certains membres du conseil administratif n’ont pas confiance en mes décisions, car ils estiment que je n’ai pas assez d’expérience… »

D’autres fonctionnaires s’absentent dans les réunions, car ils refusent que ces meetings soient chapeautés par une femme, a déploré une autre maire.

Emna Bhira

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