Gouvernement Fakhfakh : Comment les Tunisiens évaluent-ils les tractations en cours ?

07-02-2020

Moins de deux semaines nous séparent de l’expiration de la période constitutionnelle accordée à Elyes Fakhfakh pour former son gouvernement, les Tunisiens ont, pourtant, encore du mal à cerner les premiers traits de la composition de ce futur gouvernement, surtout que les concertations marquent un nouveau départ.

Exclure ou inclure Qalb Tounes dans la composition du prochain gouvernement, tel est le principal dilemme qui se pose à Elyes Fakhfakh, qui a pris dès le début la décision d’écarter ce deuxième parti du parlement.

Mais, suite aux dernières déclarations du chef du parti d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, dans lesquelles il a appelé à la réintégration de ce parti dans les concertations afin de former un gouvernement fédérateur et d’unité nationale, les négociations ont pris un nouveau tournant… 

« Entre intérêts politiques et choix stratégiques, les consultations reprennent désormais à zéro, et la donne a changé », nous a confié un citoyen interpellé à ce sujet par Gnetnews à l’avenue Habib Bourguiba.

« Ennahdha mène un discours contradictoire », a-t-il ajouté, en rappelant que «  ce parti majoritaire du parlement a pris la décision d’exclure Qalb Tounes du gouvernement de Habib Jemli, l’ancien candidat à la primature ».

«Maintenant, Ghannouchi est revenu sur ses propos, et souhaite vivement faire participer le parti de Nabil Karoui dans les négociations. C’est ce point-là qui a fait déclencher les conflits entre les différentes parties prenantes en ce moment », explique-t-il.

Par ailleurs, il a analysé que « Elyes Fakhfakh a pris la même décision adoptée par Ennahdha il y a deux mois, pourtant c’est un faux calcul. Qalb Tounes est le deuxième parti du parlement. Quant au PDL, c’est lui qui a décidé de se tenir à l’écart par rapport aux deux gouvernements proposés. Il n’a pas été écarté ».

Tant que ces deux partis sont en retrait, et au rythme auquel évoluent les choses, le gouvernement de Fakhfakh n’obtiendra pas la confiance du parlement…Ennahdha continue à lui faire subir ses contradictions, tantôt le parti islamiste encourage ses initiatives, tantôt il s’oppose à lui en appelant à un gouvernement fédérateur…

« Il fallait retenir les leçons suite au rejet du gouvernement de Jemli, pour partir sur de bonnes bases, recommande-t-il. Fakhfakh est entre l’enclume et le marteau, s’il va réintégrer Qalb Tounes, il va sacrifier ses principes, en revenant sur ses choix. Entre autre, s’il n’inclut pas le deuxième parti du parlement dans le gouvernement, il n’aura pas la confiance de l’ARP. Dans ce cas, il y aura des élections législatives anticipées et la Tunisie plongera dans l’inconnu ».

« Pourquoi faire subir au pays cette épreuve, alors que sa situation économique et sociale est délicate en ce moment ? Les politiques en ce moment doivent penser à l’intérêt national et tenir à des principes rassembleurs », conclut-il.

Un autre quinquagénaire a critiqué la lenteur de l’administration tunisienne qui s’est accentuée depuis la fin de l’élection présidentielle, selon lui. «Le vide politique est de plus en plus ressenti dans les institutions de l’Etat, surtout après l’échec du premier gouvernement proposé par Jemli », a-t-il souligné.

Par ailleurs, un autre citoyen s’est insurgé sur l’absence de l’autorité. « Avant, l’ancien président Béji Caid Essebsi arrivait à imposer son autorité. Maintenant plus personne ne peut s’imposer comme lui… », déplore-t-il.  

Retrouvez notre-reportage ci-dessus.

Reportage réalisé par Emna Bhira et Wissal Ayadi

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