Coronavirus : Un élan de solidarité sur les réseaux sociaux, mais gare aux intox

27-03-2020

Depuis l’annonce des mesures restrictives de lutte contre le Coronavirus par l’Etat,  un véritable mouvement de solidarité se met en branle sur les réseaux sociaux pour inciter les gens à rester chez eux, lancer des campagnes de sensibilisation, et d’accompagnement, dans le but de réussir ce confinement général.

Les initiatives citoyennes comme « Pour un confinement général de 15 jours », « Ched_darek » (Reste chez toi), « Fini la négativité », ou encore « Télémédecine Coronavirus », et d’autres groupes Facebook se présentent en tant que plateformes, voire  des espaces virtuels qui poursuivent un objectif commun : lutter contre la solitude et l’angoisse, fournir des informations utiles et professionnelles, ou encore  lancer des campagnes de soutien pour surmonter, ensemble, cette période difficile.

Les internautes ont lancé à travers ces groupes qui comptent les milliers de personnes, des campagnes de collecte de masques chirurgicaux pour les médecins de toutes les régions du pays. D’autres ont profité pour donner une dimension humanitaire à ce confinement, en lançant des services de livraison de proximité, comme ces supermarchés en ligne,  » O’frais  » et « Founashop », qui livrent au niveau du Grand Tunis, pour encourager les gens à limiter leurs sorties.

D’autres services sont à la disposition des personnes âgées (plus de 70 ans) ou bien ceux qui sont en quarantaine et les plus démunis, comme ce service « شد دارك احنا نجيوك » (Restez chez vous, nous viendrons vous voir) lancé par Mehdi Bouchair, l’administrateur du groupe Facebook « Lost&Found ».

 « Je serai à la disposition des personnes âgées et ceci à partir de 17h sur la région de Bizerte. Vous pouvez me laisser votre adresse et vos besoins par message. », annonce-t-il  sur le groupe « Ched_darek », qui compte 159 426 tunisiens.

D’autre part, des célébrités tunisiennes comme la chanteuse Manel Amara, ou encore l’actrice Feriel Graja ont lancé un appel aux dons, pour tous les personnages publics. Des actions d’entraide, dont le pays a tant besoin en ce moment…Des présentatrices télé, créatrices de mode, et médecins, ont communiqué via Instagram les besoins des services hospitaliers, en  matière de moyens de protection, blouses, gel hydroalcoolique, produits de nettoyage et désinfectants…Ces actions sont devenues virales sur les réseaux sociaux, et ont vite donné leur fruits, comme le montrent les photos en dessous.

Ce contexte épidémiologique, exigeant un engagement citoyen pour une immunité collective, a donné l’idée aussi, aux enseignes tunisiennes  d’assurer les repas des médecins et soignants de première ligne dans les hôpitaux, et cela en coordination avec les autorités qui lui ont facilité l’obtention d’autorisations de circulation.

Avec plus de 2 milliards de personnes en confinement total à travers la planète, les réseaux sociaux sont plus que jamais utilisés. D’une part pour garder un contact avec le monde extérieur et d’autre part pour s’informer sur l’évolution de cette pandémie planétaire. Mais avec ce phénomène de repli, les intox sur le COVID-19 ne cessent de fleurir sur la toile.

En Tunisie, de nombreux groupes ont été crées… Si dans la plupart d’entre eux, il s’agit de partager les expériences des uns et des autres en donnant des conseils… Nombreuses sont également des publications à caractère mensonger qui ne font qu’alimenter la peur.

Souvenez-vous, dans la soirée du mercredi 11 mars 2020 quand un curieux enregistrement sonore a été partagé sur les réseaux sociaux. Dans ce message audio, une dame prétendait détenir des informations avérées sur la gravité de la situation sanitaire en Tunisie, alors qu’à cette période seulement 7 cas d’infections étaient confirmés. Elle avait incité les Tunisiens à se ruer vers les supermarchés pour faire le plein de courses, alimentant la peur et la frénésie. Une rumeur qui a été tout de suite démentie par les autorités sanitaires affirmant que cette femme allait être poursuivie en justice.

La toile ne cesse également de partager ce qu’on appelle les fameuses « théories complotistes ». Certains parlent d’une guerre biologique entre les Etats-Unis et la Chine, d’autres d’une guerre entre laboratoires pharmaceutiques, à qui trouvera le remède en premier avec à la clé pour l’Etat en question, le jackpot… Il suffit pour cela de faire défiler les publications sur les groupes dédiés au Coronavirus sur les réseaux.

Toujours dans le but d’alimenter la peur et d’assoir la théorie du complot, certains s’amusent à comparer les scénarios de séries ou de films catastrophes avec la pandémie actuelle du Coronavirus. Ces jours-ci, une série chinoise datant de 2018, ne cesse de faire le buzz. Dans un des épisodes, il est question d’un virus crée par l’homme, dont l’antidote est difficile à trouver et qui tuera 90% des personnes infectées… D’autant que dans cette fiction, le virus est appelé « Coronavirus mutant ».

Même si cela peut paraître troublant, il est nécessaire de garder la tête sur les épaules et les pieds sur terre en se référant aux informations délivrées par les autorités officielles, à savoir les gouvernements et l’Organisation Mondiale de la Santé.

Pour lutter contre ces campagnes de désinformation, les géants du net comme Facebook, Google, LinkedIn, Microsoft, Twitter ou encore YouTube ont annoncé qu’ils travailleraient ensemble pour lutter contre ces phénomènes.

Ainsi, taper le terme « coronavirus » dans le moteur de recherche de Google, Facebook, Twitter ou YouTube fait automatiquement remonter des liens qui pointent vers le site du gouvernement ou de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il en va de même pour la requête « Covid-19″.

Emna Bhira et Wissal Ayadi

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