À Monastir, Saïed dénonce corruption et défaillances municipales lors d’une visite surprise

07-04-2026

Du dépôt municipal au littoral jonché de déchets, le chef de l’État fustige la dilapidation des fonds publics et l’inaction des autorités locales

Tunis, le 7 avril 2026 — En marge de la cérémonie commémorant le 26e anniversaire du décès de Habib Bourguiba, le président de la République Kaïs Saïed a effectué lundi à Monastir une série de visites impromptues qui ont rapidement viré au réquisitoire contre la gestion municipale locale.

Un entrepôt municipal aux irrégularités « flagrantes Â»

Après avoir rencontré des citoyens en centre-ville, le chef de l’État s’est rendu aux locaux de l’entrepôt municipal, où il a constaté, selon un communiqué de la présidence de la République, plusieurs irrégularités et une dilapidation « flagrante Â» des fonds publics. Il a également relevé des dysfonctionnements dans le traitement des dossiers liés aux objets saisis, dénonçant une lenteur injustifiée qu’il juge inacceptable.

Des équipements à l’abandon et une corruption « d’une grande ampleur Â»

Saïed a par ailleurs pris connaissance d’équipements municipaux laissés à l’abandon, notamment du matériel destiné à l’aménagement des routes. Il a vivement fustigé ce qu’il a qualifié de corruption d’une grande ampleur dans la gestion du dossier de vente de ces équipements, dénonçant une suradministration pesante où « l’argent du peuple tunisien est fâcheusement jeté dans les bennes à ordures Â».

Un appel à l’unité nationale contre les « traîtres et comploteurs Â»

Dans une vidéo publiée sur la page officielle de la présidence, le chef de l’État a recueilli les préoccupations des citoyens, soulignant que les Tunisiens sont unis pour servir l’intérêt national et faire barrage à ceux qui, selon lui, profitent de financements étrangers, qu’il assimile à des traîtres et des comploteurs.

« On a assassiné le littoral Â»

La visite s’est poursuivie par un passage au siège de l’Institut supérieur de biotechnologie de Monastir, avant que le président ne se rende sur le littoral, où il a découvert des ordures amoncelées tout au long de la côte. « On a assassiné le littoral Â», a-t-il déploré, pointant du doigt des autorités municipales qu’il juge incapables de s’acquitter de leurs missions élémentaires, malgré les instructions présidentielles données la semaine précédente pour le ramassage des déchets à l’échelle nationale.