Bizerte/ Substances utiles : Un sous-sol riche mais inexploité

01-07-2019

Avec 40 sites d’exploitation en substances utiles, le gouvernorat de Bizerte figure parmi les zones les plus pourvues en Tunisie. Pourtant ces richesses ne sont pas exploitées comme il se doit. C’était le thème d’un séminaire organisé tout récemment à Bizerte par la Chambre de commerce et d’industrie et le centre d’affaires local en collaboration avec le ministère de l’Industrie.

Classées groupe 6 par le Code minier, les substances utiles correspondent aux richesses du sous-sol. A savoir les carbonates, les argiles, les sables et les gypses. L’Office National des Mines (ONM) a réalisé un inventaire des principales substances utiles sur tout le territoire national. Ainsi 612 sites d’exploitation ont pu être recensés répartis sur les 24 gouvernorats. C’est dire la valeur ajoutée que peut apporter cette industrie à l’économie nationale.

40 sites, et une forte valeur ajoutée
Khaled Othmen est sous-directeur du service des roches industrielles et des substances utiles à l’ONM. Il est venu présenter les potentialités du secteur dans la région de Bizerte. « A Bizerte, nous avons pu répertorier 40 sites. 13 sites de carbonates, 21 d’argile, 4 de sables et 2 de gypses. Les sous-sols de Bizerte ont une forte valeur ajoutée, malheureusement ils ne sont pas exploités comme il se doit », nous explique-t-il.

L’extraction et la transformation des substances utiles en Tunisie, de manière générale, demeurent une activité peu développée. « Nous avons pu voir aujourd’hui que la région de Bizerte est riche en substances utiles, mais seulement 4% des réserves sont exploitées », affirme Mohamed Gouider, Gouverneur de Bizerte, présent pour l’occasion. Il ajoute que « la plupart des sites se trouvent dans des zones reculées et sous-développées. L’exploitation de ces sites pourrait donc constituer une opportunité de créer de l’emploi et donc du développement économique et social ».

L’objectif recherché à travers l’élaboration de la cartographie du pays en substances utiles vise à attirer de potentiels investisseurs. Faouzi Ben Aïssa, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bizerte, en fait une priorité. Il répond aux questions de GnetNews « L’enjeu est grand et très prometteur. Nous disposons d’un potentiel énorme. Malheureusement soit ces substances sont méconnues soit sous-exploitées. C’est donc l’occasion de donner la possibilité aux potentiels investisseurs de la région de créer des entreprises et notamment des emplois autour de ces substances utiles ».

Carbonate & Argile
Les substances utiles les plus présentes dans le gouvernorat de Bizerte sont les carbonates et les argiles. La première catégorie est utilisée principalement dans la production de granulats ou de matière première pour les cimenteries. Elle sert également d’ajout dans la peinture ou dans des produits destinés à l’activité agricole. Elle dispose donc d’une forte valeur ajoutée. Les carbonates regroupent aussi les pierres marbrières. « Quelques sites existent, mais la plupart sont abandonnés à cause la mauvaise qualité », nous explique Khaled Othmen.

Pour ce qui est des argiles, les possibilités de transformation sont aussi importantes. Ceux-ci servent notamment dans la confection de briques et biscuits de faïence, dans la céramique, les poteries mais également dans le traitement des huiles et d’ajouts pour le ciment.

« Ce sont des spécialités qui ne sont pas trop connues… un domaine dans lequel nous n’avons pas beaucoup de spécialistes et qui est, dans l’imaginaire de nos jeunes diplômés, uniquement réservé à de grosses entreprises industrielles. Alors que nous pouvons créer des consortiums entre 3-4 start-up par exemple », nous explique Faouzi Ben Aissa.

L’exploitation des sites de substances utiles pourrait donc constituer une opportunité pour le développement économique de la région. Mais le manque de structure pour la transformation de ces ressources demeure un frein. En effet, Bizerte ne dispose que d’une seule cimenterie et les deux briqueteries jadis en activité ont fermé leurs portes. « L’ONM a fait toutes les études dont les investisseurs ont besoin pour pouvoir exploiter les sites. Nous leur mettons à disposition nos laboratoires afin qu’ils puissent réaliser leurs propres analyses.

Tout est prêt. Nous attendons juste qu’il y ait des initiatives dans ce secteur », affirme Khaled Othmen.
Une grande partie de ces substances utiles est utilisée dans les travaux de génie civil allant de la construction individuelle au grands ouvrages routiers, maritimes et hydrauliques. Ainsi la construction du nouveau pont de Bizerte pourrait constituer une nouvelle opportunité d’exploiter ces sites.

Wissal Ayadi

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