Cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran : une trêve fragile après cinq semaines de guerre

08-04-2026

Une trêve arrachée in extremis

Après plus de cinq semaines de frappes américano-israéliennes sur l’Iran lancées le 28 février 2026, Washington et Téhéran se sont mis d’accord pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz, un peu plus d’une heure avant l’expiration de l’ultimatum de Donald Trump.

Le président américain a annoncé sur sa plateforme Truth Social qu’il acceptait de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une période de deux semaines, à l’issue de discussions avec des médiateurs pakistanais. Trump avait auparavant menacé l’Iran en des termes apocalyptiques, avertissant qu’ « une civilisation entière va mourir » si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert.

L’Iran accepte, mais pose ses conditions

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé que l’Iran acceptait de rouvrir le détroit d’Ormuz dans le cadre de la trêve de deux semaines, conditionnée par l’arrêt des frappes israélo-américaines.

Téhéran a par ailleurs soumis à Washington un plan en dix points prévoyant notamment que Washington accepte la poursuite du programme iranien d’enrichissement d’uranium et la levée de toutes les sanctions, primaires et secondaires. L’Iran a néanmoins précisé que la trêve « ne signifie pas la fin de la guerre ».

Islamabad, nouvelle capitale diplomatique

Après plus de cinq semaines de frappes israélo-américaines sur l’Iran, Téhéran a indiqué que des pourparlers se dérouleront à partir de vendredi avec Washington, au Pakistan, médiateur clé dans le conflit. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que les États-Unis envisageaient des discussions « en personne » avec l’Iran.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a affirmé que les États-Unis, l’Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu « partout », y compris au Liban.

Israël : le Liban exclu de la trêve

Cette affirmation a été immédiatement contestée par Tel-Aviv. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a affirmé sur X que le cessez-le-feu « n’inclut pas le Liban ». Une frappe israélienne a d’ailleurs fait huit morts dans la ville libanaise de Saïda quelques heures à peine après l’annonce de l’accord. Israël a par ailleurs indiqué soutenir la décision américaine de suspendre les frappes contre l’Iran.

Un cessez-le-feu encore précaire

Peu après l’annonce de l’accord, des alertes de missiles ont retenti en Israël et aux Émirats arabes unis, et une frappe israélienne a également touché le sud du Liban. Le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a averti que « ses doigts restent sur la gâchette ».

Les marchés soulagés : le pétrole chute

Le prix du pétrole a chuté après l’annonce de l’accord. Avant la guerre, plus de 100 navires traversaient le détroit d’Ormuz chaque jour et environ le cinquième de la production mondiale de pétrole y transitait. La quasi-paralysie du passage stratégique avait provoqué une flambée des cours mondiaux depuis le début du conflit.

La communauté internationale salue la trêve

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué le cessez-le-feu temporaire. Donald Trump a, pour sa part, estimé que les États-Unis avaient remporté une « victoire totale et complète » en concluant cet accord. Il a également évoqué des discussions « très avancées » en vue d’un accord de paix « à long terme » avec l’Iran.

La trêve de deux semaines ouvre une fenêtre diplomatique dans un conflit qui a déjà fait des centaines de morts et déstabilisé l’ensemble de la région. Son issue dépendra de la capacité des parties à transformer cette pause en négociations sérieuses à Islamabad.