Cisjordanie: France, Italie, Royaume-Uni et Allemagne exigent le retrait des appels d’offres sur la colonie E1

21-08-2026

Paris, Rome, Londres et Berlin ont appelé, ce jeudi, Israël à mettre un terme à l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée, exigeant le retrait immédiat des appels d’offres lancés cette semaine pour la construction de plus de 1 200 logements dans le cadre du projet controversé E1 — une zone de 12 km² située à l’est de Jérusalem.

Dans une déclaration conjointe, les quatre pays ont dénoncé une décision d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte d’instabilité grave en Cisjordanie, marqué par des violences de colons sans précédent contre les civils palestiniens, ainsi que par de sévères restrictions imposées à l’économie du territoire.

Une menace pour la solution à deux États, selon les Européens

Les quatre capitales ont averti que la colonie E1 risquait de compromettre durablement les perspectives d’une solution à deux États, en créant une fracture territoriale au cœur de la Cisjordanie et en portant atteinte à la continuité géographique des territoires palestiniens.

Ce projet, approuvé par Israël en août 2025, prévoit la construction d’environ 3 400 logements sur cette zone stratégique séparant la colonie de Maalé Adoumim de Jérusalem-Est, en plein cœur de la Cisjordanie occupée depuis 1967. Mardi, le ministère israélien du Logement a lancé un appel d’offres portant sur plus de 1 200 de ces logements, selon l’ONG israélienne Peace Now et plusieurs médias israéliens. Les entreprises intéressées disposent jusqu’au 19 octobre pour soumettre leur candidature — soit huit jours avant la tenue des élections législatives en Israël.

Une politique jugée contre-productive sur le plan diplomatique

Selon les quatre pays européens, ces nouvelles décisions en matière de colonisation continueront d’affaiblir la position internationale d’Israël. Ils qualifient l’ouverture de ces appels d’offres d’inacceptable et adressent une mise en garde directe aux entreprises susceptibles d’y répondre.

« Les entreprises ne doivent pas envisager de soumissionner à ces appels d’offres. Elles doivent avoir conscience des conséquences juridiques et réputationnelles auxquelles elles s’exposent, notamment du risque de se rendre complices de violations graves du droit international », préviennent-ils dans leur communiqué commun.