Crise des pharmacies et de la CNAM : le ministère de la Santé défend sa gestion et annonce des réformes structurelles
En réponse à des questions parlementaires, le ministère détaille les mesures prises pour garantir l’accès aux médicaments et la pérennité du système de santé.
Le ministère de la Santé a apporté, ce mercredi, des clarifications officielles sur la crise qui oppose le Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) aux pharmacies, en réponse à des questions écrites adressées par plusieurs députés au ministre de la Santé concernant les répercussions de ce conflit sur le droit aux soins. Ces précisions ont été publiées par l’Assemblée des représentants du peuple.
Un problème structurel qui appelle des réformes profondes
Le ministère a tenu à rappeler que les relations entre les professionnels de santé et la CNAM sont régies exclusivement par le cadre conventionnel en vigueur, qui constitue le socle juridique garantissant la continuité des services et la protection des droits des assurés sociaux. Il a reconnu que la problématique revêt un caractère essentiellement structurel, nécessitant des réformes approfondies pour renforcer la durabilité du système de santé et sa capacité à répondre aux besoins des patients.
Une crise suivie au plus haut niveau de l’État
Le ministère a rappelé que la dernière crise du secteur avait fait l’objet d’un suivi direct par la présidence de la République. Une réunion officielle s’est tenue le 14 janvier 2026, rassemblant le ministre de la Santé, le ministre des Affaires sociales, la directrice générale de la Pharmacie centrale, la présidente du Conseil national de l’Ordre des médecins, la directrice générale de l’Agence nationale du médicament, le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens ainsi que le président du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées. À l’issue de cette réunion, la reprise des conventions entre les pharmaciens et la CNAM a été actée, permettant un retour à la normale pour les assurés sociaux.
Des mesures d’urgence et un cadre budgétaire renforcé
Sur le plan financier, un conseil ministériel restreint tenu le 3 septembre 2025 avait déjà été consacré à ce dossier. Des mesures conjoncturelles ont été prises pour soutenir les équilibres financiers de la Pharmacie centrale : injections directes de fonds par le ministère des Finances, régularisation des transferts de la CNAM et accélération du règlement des dettes envers les fournisseurs étrangers.
La loi de finances 2026 prévoit par ailleurs, dans ses articles 18, 19 et 20, des mesures structurelles complémentaires, notamment la mobilisation de ressources en faveur de la diversification des sources de financement de la sécurité sociale, ainsi que le financement de l’acquisition de médicaments spéciaux — en particulier ceux destinés au traitement du cancer et aux greffes d’organes — afin de garantir le droit aux soins et la continuité des services de santé.