Pollution plastique : La Goëlette Tara fait escale à Tunis (Vidéo)

22-10-2019

La goélette scientifique Tara a fait escale au port de Gammarth à Tunis du 20 au 22 octobre. A bord de ce voilier, la fondation Tara Océan mène une exploration scientifique visant l’étude de la pollution plastique dans les océans. Ainsi, les scientifiques nous ont ouvert les portes de leur bateau afin de nous expliquer l’impact de cette pollution qui fait de plus en plus de ravages en mer et surtout dans la mer méditerranée, considérée comme une des mer les plus frappés par ce phénomène dévastateur.

C’est la deuxième fois que la goélette scientifique de la Fondation Tara fait escale en Tunisie. Déja en 2013, ces scientifiques nomades avaient amarré à Bizerte. Cinq ans après sa première expédition en Méditerranée dédiée à l’étude du plastique sur l’écosystème marin, la Fondation Tara Océan poursuit sans relâche ses recherches avec la « Mission Microplastiques 2019 ». Elle aura pour but notamment d’étudier les grands fleuves européens, à savoir l’Ebre en Espagne, le Tibre en Italie et le Rhône en France. 

L’objectif de la mission Tara est d’identifier  l’origine des pollutions, de comprendre leur dispersion de la terre vers la mer, de prédire leur devenir et d’évaluer l’impact sur la biodiversité et la santé. Pour Romy Hetinger de la Fondation Tara, « les marins comme les scientifiques savent que nettoyer l’océan ne sera pas la solution. La véritable solution, la plus urgente, pour lutter contre le plastique en mer se trouve à terre. Pour stopper cette hémorragie, la connaissance des sources de pollution est indispensable ».

Depuis 2010, les scientifiques de Tara se focalisent sur les micro_plastiques. Ceux-ci se définissent comme étant les particules de plastique qui ne dépassent pas 5mm. Selon, Romy Hetinger « en 2014, nous avons pu recenser 250 milliards de particules en méditerranée ». Elle ajoute par ailleurs que « 10% de nos déchets finissent en mer et que 80% des déchets retrouvés en mer proviennent de la terre ». Cela représente 8 millions de tonnes par an au niveau mondial.

Les principales matières retrouvées en mer ont été identifiées comme étant le polyamide, venant essentiellement des filets de pêche et du textile et le polyéthylène issu des emballages en plastique.

La recherche scientifique sur les micorplastiques en est encore à ses premiers balbutiements nous explique Romy Hetinger. En effet, elle a commencé à intéresser les chercheurs que depuis 5 ans. Ainsi, la scientifique nous confie que « les données sur les impacts sur la santé humaine ne sont pas encore claires ».

A terme, les rapports de la Mission Tara serviront à orienter les décisions des politiques et également les pratiques des industriels.

En termes de pollution plastique, la Tunisie n’est pas en reste. Dans une démonstration, les scientifiques de Tara ont démontré que Sfax et le Golfe de Gabès étaient l’un des points les plus pollués du bassin méditerranéen. La pollution du Groupe Chimique Tunisien dans le golfe de Gabès a totalement détruit un écosystème terrestre et marin unique au monde, de même que les moyens de subsistance des paysans et pêcheurs de la région.

D’autres pollutions industrielles font mourir les récoltes et les êtres humains, à l’instar du phosphate à Gafsa ou des rejets d’usines agroalimentaires à Nabeul par exemple. Présent à bord de Tara, Mokhtar Hammami, ministre de l’Environnement et des affaires locales. Une occasion de savoir que fait le gouvernement pour enrayer ce fléau. Pour le ministre, il s’agit d’une question de stratégie et de vision. « Aujourd’hui les usines polluantes au niveau de Safx ont été démantelées, il faut maintenant les évacuer. En ce qui concerne Gabès, il faut trouver une solution quand aux tonnes de gypses qui sont déversées dans la mer. Il Faut que tout le monde se mettent autour de la table pour discuter ; aussi bien le gouvernement, la société civile et les syndicats ». A noter que Gabès est la seul oasis dite maritime dans le monde. D’où l’importance de préserver ce patrimoine unique.

Cette escale, co-organisée par l’association Beyond Plastic Med, a été également l’occasion de présenter le 4ème appel à micro-initiatives. Il permettra de financer des projets sur le bassin méditerranéen, à hauteur de 10.000 euros. D’après Philippe Mondielli, de la Fondation Albert II de Monaco et membre du réseau « BeMed », « Tunis est une ville côtière et touristique pressentie pour devenir un territoire pilote dans la lutte contre la pollution plastique en Méditerranée. Cet appel à projet s’adresse aux ONG, aux collectivités territoriales, aux entreprises privées et aux institutions scientifiques issues de l’ensemble du bassin méditerranée.

A ce jour deux projets citoyens menés en Tunisie ont été soutenus par le réseau BeMed ont déjà vu le jour avec les associations « Jlij pour l’Environnement marin », à Djerba et « Tunisie Recyclage » à Tunis.

Retrouvez en vidéo, la venue de la Mission Tara Océan à la Marina de Gammarth.

Wissal Ayadi

 

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