La trêve américano-iranienne sous tension : négociations cruciales ce week-end à Islamabad
Alors que le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran montre des signes d’effritement, diplomates et militaires jouent la montre avant les pourparlers de samedi au Pakistan.
Un cessez-le-feu de plus en plus fragile
Le cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran semblait vendredi de plus en plus précaire. Washington a accusé Téhéran de ne pas honorer ses engagements concernant le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part significative du commerce pétrolier mondial. Dans ce contexte tendu, Donald Trump a adressé un avertissement sans équivoque à l’Iran : « Ils ont intérêt à ne pas le faire, et si c’est le cas, ils feraient mieux d’arrêter maintenant ! », a lancé le président américain, évoquant tout projet de péage dans ce passage névralgique.
Premier signe de retour à une certaine normalité, un pétrolier non iranien, le MSG, battant pavillon gabonais, a franchi le détroit d’Ormuz depuis l’entrée en vigueur de la trêve.
Islamabad en scène, Washington optimiste
Les autorités pakistanaises s’apprêtent à accueillir samedi le premier cycle de négociations formelles entre les États-Unis et l’Iran, en vue d’un accord de paix durable. Donald Trump s’est dit « très optimiste » quant aux chances d’aboutir à un règlement. La délégation américaine sera conduite par le vice-président J. D. Vance, flanqué de l’émissaire Steve Witkoff et du gendre du président, Jared Kushner.
Le front libanais ravive les tensions
En parallèle, la situation au Liban continue d’alimenter les crispations. L’Iran a estimé que les frappes israéliennes menées mercredi au Liban constituaient une violation de l’accord de trêve. Ces bombardements ont fait plus de 300 morts et au moins 1 150 blessés, selon le ministère libanais de la Santé. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des roquettes ont été tirées depuis le territoire libanais vers le nord d’Israël, déclenchant des sirènes d’alerte. L’armée israélienne a annoncé avoir riposté en frappant dix lanceurs de roquettes au Liban.
Malgré ce regain de violence, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a indiqué avoir donné instruction au cabinet d’engager « dans les plus brefs délais » des négociations directes avec Beyrouth.
Londres hausse le ton
Sur la scène internationale, le premier ministre britannique Keir Starmer, en tournée dans les pays du Golfe, a qualifié jeudi d’ « inacceptable » la poursuite des attaques israéliennes contre le Liban, rejoignant un concert de voix appelant à la retenue.
La journée de samedi s’annonce donc décisive : les discussions d’Islamabad pourraient soit stabiliser l’équilibre fragile entre Washington et Téhéran, soit révéler l’ampleur des désaccords qui menacent de faire voler en éclats une trêve déjà mise à rude épreuve.