Le SNJT appelle à une journée de solidarité avec Mohamed Youssfi et dénonce des « irrégularités » dans son placement en détention
Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a appelé, ce mardi 8 septembre 2026, les journalistes et les défenseurs des libertés à participer à une journée de solidarité avec Mohamed Youssfi et les autres journalistes détenus. Cette mobilisation se tiendra vendredi 11 septembre, à partir de 9 heures, au siège du syndicat.
Cette journée sera consacrée à Mohamed Youssfi, rédacteur en chef du média d’investigation Al-Katiba, placé sous mandat de dépôt, ainsi qu’à Mourad Zeghidi, Borhène Bsaïes et Zied El Heni, également cités par le SNJT parmi les journalistes emprisonnés.
Cet appel intervient dans un communiqué où le syndicat dénonce vivement le placement en détention de Mohamed Youssfi et conteste les conditions dans lesquelles le mandat de dépôt aurait été délivré.
Des irrégularités alléguées par la défense
Selon le comité de défense, cité par le SNJT, le mandat de dépôt aurait été émis sans que l’interrogatoire de Mohamed Youssfi ait été achevé et sans que ses avocats aient pu présenter leurs plaidoiries. La décision aurait en outre été prise en l’absence du journaliste, tandis que ses avocats auraient refusé de signer le procès-verbal.
Le syndicat précise que, si ces éléments venaient à être confirmés, ils constitueraient à ses yeux une atteinte grave aux droits de la défense et aux garanties devant entourer toute procédure privative de liberté. Le SNJT réclame ainsi le réexamen immédiat de la décision de placement en détention, ainsi que l’ouverture d’une enquête « sérieuse et indépendante » sur les irrégularités procédurales rapportées par la défense.
De nouvelles inquiétudes sur son état de santé
Le syndicat alerte par ailleurs sur l’état de santé de Mohamed Youssfi, après avoir déjà indiqué que le journaliste avait subi une intervention chirurgicale en urgence au cours de sa garde à vue. Ce mardi matin, ses douleurs se seraient aggravées alors qu’il se trouvait au pôle judiciaire économique et financier. Selon les éléments communiqués par le comité de défense et relayés par le SNJT, un médecin de la Protection civile aurait été appelé pour l’examiner et lui aurait prescrit des médicaments que des membres de sa défense seraient allés acheter.
Toujours selon la défense, les douleurs ressenties auraient été particulièrement intenses. Le SNJT reproche aux autorités d’avoir poursuivi la procédure malgré cette situation, jusqu’à l’émission du mandat de dépôt. Le syndicat tient les autorités pour responsables de l’intégrité physique et de la santé du journaliste, et réclame qu’il bénéficie sans délai des soins et du suivi médical nécessaires.
Mohamed Youssfi avait été interpellé le vendredi 4 septembre devant les locaux d’Express FM, où il devait participer à une émission consacrée à la politique de l’eau. Si le SNJT estime que les poursuites engagées sont liées à son activité journalistique, une source judiciaire citée par l’agence TAP avait pour sa part indiqué que l’enquête portait notamment sur des soupçons d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent.