Moyen-Orient : au 14e jour d’une guerre qui embrase toute la région

13-03-2026

Israël continue de frapper le cœur de Beyrouth. Son Premier ministre Benyamin Nétanyahou assure qu’Israël est « en train d’écraser l’Iran et le Hezbollah », tandis que Mojtaba Khamenei promet la « vengeance ».

Une guerre qui s’étend à l’ensemble de la région

Dans une escalade régionale encore inédite, la totalité des pays du Moyen-Orient ont subi des bombardements américains, israéliens ou iraniens, à l’exception du Yémen, de l’Égypte et de la Turquie.

Au Liban, la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien a fait plus de 630 tués et déplacé plus de 800 000 personnes depuis qu’elle a éclaté le 2 mars. Dans la nuit du 11 au 12 mars, une frappe a visé le front de mer de Beyrouth, où s’étaient réfugiés des déplacés dormant sous des tentes, faisant au moins 12 morts et une trentaine de blessés.

En Iran, l’armée israélienne a frappé le complexe de « Taleghan », décrit comme un site utilisé par le régime pour développer des capacités liées à la fabrication d’armes nucléaires.

Dans le Golfe, l’Iran a répondu par plusieurs envois de missiles sur des bases militaires américaines en Arabie saoudite, à Oman, au Koweït, en Irak, en Syrie, en Israël, à Chypre, en Jordanie et au Qatar.

La crise maritime : Ormuz bloqué, le monde en alerte

Le baril de pétrole a franchi la barre des 100 dollars, une hausse directement liée aux perturbations dans le détroit d’Ormuz. Ce passage maritime, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel exportés dans le monde, fonctionne aujourd’hui au ralenti.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la baisse de production atteint au moins 10 millions de barils par jour. Face à la flambée des prix, l’AIE a proposé le plus important déblocage de réserves pétrolières de son histoire, dépassant les 182 millions de barils.

Le bilan humain et les réactions internationales

Selon l’OMS, le conflit affecte désormais au moins 16 pays. Près de 1 000 morts ont déjà été signalés en Iran, auxquels s’ajoutent des dizaines de victimes au Liban, en Israël et dans plusieurs États du Golfe. L’ONU a également recensé 13 attaques contre des structures de santé en Iran.

Selon une information du New York Times, la première semaine du conflit a engendré un coût supérieur à 11,3 milliards de dollars pour les seuls États-Unis.

Sur le plan diplomatique, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé son espoir d’une fin rapide du conflit et d’un retour au dialogue dans l’intérêt de la stabilité régionale. En Europe, la France a déployé le porte-avions Charles de Gaulle pour contribuer à la sécurisation des voies maritimes et à la protection de ses alliés touchés par les ripostes iraniennes.

Des perspectives incertaines

La guerre fracture la société américaine : 59 % des Américains désapprouvent l’opération selon un sondage du 2 mars, y compris parmi une partie des partisans de Trump. À l’inverse, 81 % du public israélien soutient les frappes contre l’Iran.

Selon des rapports du renseignement américain, le régime iranien ne serait pas en danger immédiat d’effondrement, laissant présager un conflit long. Donald Trump avait anticipé que les objectifs pourraient être atteints en quatre semaines, mais la durée réelle de la guerre reste très incertaine.

Gnetnews