Moyen-Orient : cessez-le-feu rejeté par Téhéran, sauvetage d’un aviateur américain en Iran, Trump s’exprime ce soir
Au 39e jour d’un conflit qui s’embrase, la diplomatie piétine tandis que les opérations militaires s’intensifient sur tous les fronts
La guerre au Moyen-Orient, entrée dans son 39e jour depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février, continue de monopoliser l’attention internationale ce lundi, entre sauvetage spectaculaire d’un aviateur américain en territoire iranien, blocage diplomatique persistant et escalade militaire généralisée.
Téhéran rejette le cessez-le-feu, mais veut une « fin définitive »
Dans une réponse en dix points rendue publique, l’Iran a rejeté un cessez-le-feu et insisté sur la nécessité d’une fin définitive du conflit, alors que plusieurs pays tentent de trouver une issue diplomatique. La Maison Blanche a confirmé lundi que des pays médiateurs — pakistanais, égyptiens et turcs — avaient proposé une trêve de 45 jours, que Donald Trump n’a pas validée. Le président américain conditionne tout cessez-le-feu à la réouverture du détroit d’Ormuz, dont le blocage par Téhéran perturbe fortement l’économie internationale et a entraîné une envolée des cours du pétrole.
Téhéran a dénoncé les demandes américaines comme « maximalistes et irrationnelles », précisant que des messages avaient été reçus via des intermédiaires, mais qu’il n’y avait pas de négociations directes avec Washington. Les Gardiens de la Révolution ont réaffirmé de leur côté que le détroit resterait fermé aux « ennemis » de l’Iran.
Le sauvetage spectaculaire d’un pilote américain au cœur des montagnes iraniennes
L’épisode le plus marquant du week-end reste l’opération de sauvetage menée par les forces spéciales américaines. Un chasseur-bombardier F-15E avait été abattu vendredi dans le sud-ouest de l’Iran, ses deux occupants s’étant éjectés en vol. Le premier aviateur avait été exfiltré rapidement par les forces spéciales, tandis que le second, un colonel, avait survécu plus d’une journée dans les montagnes, muni d’un pistolet, d’une balise et d’un dispositif de communication sécurisé.
Donald Trump a annoncé dimanche le sauvetage de ce second militaire, le qualifiant de « grièvement blessé » et saluant une opération « audacieuse » qui aurait mobilisé des dizaines d’appareils. Le président américain a souligné qu’il s’agissait de « la première fois de mémoire militaire que deux pilotes américains sont secourus, séparément, au cœur du territoire ennemi ».
L’armée iranienne a affirmé que les États-Unis avaient utilisé un aéroport abandonné près d’Ispahan, et que deux hélicoptères Black Hawk et deux avions de transport C-130 avaient été perdus durant l’opération. Cinq personnes auraient également été tuées. Washington n’a pas officiellement confirmé ces pertes.
Trump s’exprime ce soir depuis le Bureau ovale
Donald Trump doit s’exprimer à 19h lors d’une conférence de presse, accompagné de responsables militaires, au cours de laquelle il devrait fournir des détails supplémentaires sur le sauvetage et l’état d’avancement de l’opération baptisée « Epic Fury ».
Frappes tous azimuts, de Haïfa à Beyrouth
Sur le terrain, quatre corps ont été extraits lundi des décombres d’un immeuble à Haïfa, touché par un missile balistique iranien la veille. Une frappe a également visé la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien, tandis qu’Israël annonce avoir bombardé le plus grand complexe pétrochimique iranien.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est alarmé d’un monde « au bord d’une guerre plus large », réclamant l’arrêt immédiat des frappes israélo-américaines contre l’Iran et de celles de Téhéran contre ses voisins.