Moyen-Orient : Mojtaba Khamenei nouveau Guide suprême, l’Iran frappe Israël et les monarchies du Golfe

09-03-2026

La région s’embrase après la désignation du fils d’Ali Khamenei à la tête de la République islamique. Missiles, drones et combats terrestres ont marqué une nuit de haute tension.

L’Assemblée des experts a tranché. Réunie en urgence, cette instance cléricale de 88 membres a désigné l’ayatollah Mojtaba Khamenei pour succéder à son père Ali à la tête de la République islamique d’Iran. La transition s’est voulue immédiate et sans ambiguïté : les Gardiens de la révolution, les forces armées, la police et la diplomatie iranienne ont aussitôt prêté allégeance au nouveau Guide suprême.

La réaction internationale n’a pas tardé. Avant même l’annonce officielle, Donald Trump avait prévenu que le successeur d’Ali Khamenei ne tiendrait « pas longtemps » sans son aval — un avertissement qui n’a visiblement pas freiné Téhéran.

Premières frappes sous le commandement de Mojtaba

À peine intronisé, le nouveau Guide a vu l’Iran lancer ses premières salves de missiles en direction d’Israël. La télévision d’État IRIB a diffusé sur Telegram des images d’un projectile portant l’inscription « sous ton commandement Seyyed Mojtaba » — un message martial autant que symbolique. En Israël, une femme a été légèrement blessée à la tête par des débris d’un missile intercepté près de Rishon LeZion. En représailles, l’armée israélienne a annoncé lundi matin avoir conduit une nouvelle vague de frappes contre des « infrastructures du régime » dans le centre de l’Iran.

Le Golfe sous les missiles

Au-delà d’Israël, ce sont les monarchies du Golfe qui ont été visées dans la nuit. Bahreïn, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont tous subi des attaques combinées de missiles et de drones. À Bahreïn, un drone iranien a blessé 32 civils, dont quatre grièvement.

En Arabie saoudite, le ministère de la Défense a annoncé l’interception de quatre drones se dirigeant vers le gisement pétrolier de Shaybah, déjà ciblé la veille. Face à la dégradation sécuritaire, Washington a ordonné à son personnel diplomatique « non essentiel » de quitter le royaume.

La menace pétrolière

L’escalade prend également une dimension économique majeure. L’Iran, dont des sites pétroliers ont été bombardés dimanche pour la première fois depuis le 28 février, a brandi la menace d’une riposte contre les infrastructures énergétiques de toute la région. « Si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez avec ce jeu », a lancé son armée.

Les marchés ont déjà réagi : le baril frôle désormais les 120 dollars, son plus haut niveau depuis l’été 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Donald Trump a balayé l’inquiétude économique, qualifiant cette flambée de « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États-Unis et du monde ».

Combats au Liban

Sur le front libanais, des affrontements d’une rare intensité ont eu lieu dans l’est du pays, à proximité de la frontière syrienne. Des troupes israéliennes ont été héliportées dans la zone, selon l’agence de presse nationale libanaise NNA. Le Hezbollah a revendiqué avoir combattu ces forces durant la nuit et deux de ses responsables ont affirmé qu’un hélicoptère israélien avait été abattu dans la région de la Bekaa. Par ailleurs, trois personnes ont été tuées et quinze blessées lors de raids israéliens sur la ville de Tayr Debba, près du port de Sour, dans le sud du Liban.

Gnetnews