Moyen Orient: Un mois de guerre, le conflit entre en phase d’attrition
Un mois s’est écoulé depuis que les États-Unis et Israël ont ouvert les hostilités contre l’Iran, et la région n’a toujours pas trouvé la voie d’une désescalade. Le conflit a déstabilisé la région, perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales et déclenché une crise internationale des prix du pétrole, alors que les attaques contre les infrastructures énergétiques se poursuivent et que le transport maritime demeure bloqué via le détroit stratégique d’Ormuz.
Genèse du conflit
La quatrième et plus grave escalade entre Israël et l’Iran a débuté le 28 février 2026 lors du bombardement de l’Iran par les forces israéliennes dans l’opération « Lion rugissant » et américaines dans l’opération « Fureur épique », menant notamment à la mort du Guide suprême Ali Khamenei. Les deux puissances ont affirmé vouloir provoquer un changement de régime à Téhéran et neutraliser le programme nucléaire et balistique iranien.
Riposte et embrasement régional
La réaction de Téhéran a été immédiate et étendue. Les aéroports internationaux de Dubaï et d’Abou Dabi ont été la cible de frappes directes de missiles et de drones, entraînant un bilan humain lourd. Des projectiles ont également atteint des zones proches de Riyad et de Doha, malgré les interceptions revendiquées par l’Arabie saoudite et le Qatar. L’Iran a par ailleurs imposé la fermeture du détroit d’Ormuz, bloquant instantanément 150 navires de fret et pétroliers.
Le Liban a rapidement été entraîné dans le conflit. Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes ont fait près de 400 morts et provoqué le déplacement d’environ 500 000 personnes. Ce week-end, les Houthis yéménites ont à leur tour revendiqué leur première attaque contre Israël depuis l’ouverture des hostilités, ciblant des sites militaires israéliens.
Bilan militaire mitigé pour Washington et Tel-Aviv
De l’avis général, les frappes américaines et israéliennes ont considérablement réduit les capacités militaires de l’Iran et éliminé de nombreux hauts responsables. Ces succès tactiques ne se traduisent toutefois pas nécessairement par la réalisation de tous les objectifs stratégiques du président Trump. En particulier, au cours de la semaine écoulée, les attaques iraniennes semblent s’être intensifiées, Téhéran tirant régulièrement des barrages de drones et de missiles avancés sur Israël et les États arabes voisins du Golfe.
Perspectives : un conflit de longue durée
À l’heure où les États-Unis et Israël n’ont pas encore atteint leurs objectifs et où l’Iran n’entend pas capituler, chaque belligérant entend jouer la carte de l’attrition et se prépare à un conflit d’encore au moins plusieurs semaines.
Sur le plan diplomatique, le président français Emmanuel Macron a condamné les attaques et appelle à la cessation des frappes de part et d’autre, tandis que le président syrien Ahmad al-Sharaa affirme soutenir les efforts visant à contenir le conflit. Trump, de son côté, a laissé entendre que les États-Unis pourraient bientôt « mettre un terme » à leur opération, sans préciser les conditions d’une telle sortie.