Polémique en Italie après les propos de Tajani sur Mussolini

14-03-2019

AFP – Le président du Parlement européen, Antonio Tajani (droite), a provoqué une polémique en Italie et à Bruxelles en évoquant à la radio les aspects « positifs » du bilan de Benito Mussolini.

« On peut ne pas partager sa méthode (…). Mais il faut être honnête, Mussolini a fait des routes, des ponts, des bâtiments, des installations sportives, il a réaménagé tant de parties de notre Italie », a déclaré M. Tajani mercredi après-midi sur une radio italienne.

« D’une manière générale, je ne considère pas son action au gouvernement comme positive. Mais il y a des choses qui ont été faites », a insisté ce proche de Silvio Berlusconi, tout en évoquant des « erreurs (…) très graves, inacceptables » comme l’élimination des opposants, les lois raciales ou la déclaration de guerre.

Face aux premières réactions, M. Tajani a précisé dans la soirée sur les réseaux sociaux: « Honte à ceux qui instrumentalisent mes propos sur le fascisme ! Je suis depuis toujours un antifasciste convaincu, je ne permettrai à personne d’insinuer le contraire. La dictature fasciste, ses lois raciales, les morts qu’elle a provoqués sont la page la plus sombre de l’histoire italienne et européenne ».

Malgré cela, les propos ont fait vivement réagir en Italie, où #Tajani était parmi les mots-clés les plus partagés jeudi sur les réseaux sociaux. Un internaute a ainsi publié la photo d’un verre d’eau saumâtre avec ce commentaire: « Dans ce verre, il y a aussi de l’eau potable ».

Les propos faisaient également polémique à Bruxelles, où plusieurs élus de gauche ont rappelé la vieille alliance — encore valable pour toutes les élections locales — de Forza Italia, le parti de M. Tajani, avec la Ligue et Fratelli d’Italia, deux partis d’extrême droite.

« Les déclarations du président du Parlement européen sont indignes et absolument inacceptables. Antonio Tajani doit retirer ses propos banalisant le fascisme ou démissionner de la présidence du Parlement européen », a déclaré Ska Keller, présidente du groupe Verts-ALE.

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