Résilience face aux catastrophes naturelles : la Tunisie accélère la mise en place de son programme intégré

01-04-2026

La cinquième réunion du comité ministériel de pilotage a réuni quatre ministres autour d’une feuille de route commune pour passer de la gestion de crise à la prévention.

Le ministère des Finances a abrité hier la cinquième session du Comité ministériel de pilotage du Programme intégré de résilience aux catastrophes naturelles. La réunion a rassemblé la ministre des Finances Michket Slama Khaldi, présidente du comité, le ministre de l’Environnement Habib Abid, co-président de la session en cours, le ministre de l’Agriculture Ezzeddine Ben Cheikh ainsi que le ministre du Transport Rachid Amri. Plusieurs directeurs généraux et responsables de structures publiques concernés par la mise en œuvre du programme y ont également pris part.

Passer de la réaction à l’anticipation

Dans son allocution d’ouverture, la ministre des Finances a salué les efforts de l’ensemble des parties prenantes en matière de gestion des risques, soulignant que ce programme a vocation à opérer un changement de paradigme : délaisser la gestion conjoncturelle des crises au profit d’une logique de prévention, de préparation et de planification, fondée sur la cartographie des risques, la coordination interinstitutionnelle et l’élaboration de plans d’intervention. Elle a également mis en avant la création d’une « Unité de résilience aux catastrophes naturelles », appelée à piloter une réforme organisationnelle et institutionnelle à moyen et long terme.

L’Environnement, l’Agriculture et le Transport s’engagent

Le ministre de l’Environnement, co-président d’une session qui s’étendra sur six mois, a rappelé les besoins en équipements et matériels pour faire face aux situations de catastrophe, insistant sur le rôle de la future unité de résilience dans l’amélioration de la coordination et la réduction des délais d’intervention, face à un rythme de changements climatiques de plus en plus soutenu.

Le ministre de l’Agriculture a, pour sa part, relevé que la hausse du taux de remplissage des barrages consécutive aux récentes pluies constitue un signal encourageant, tout en appelant à capitaliser sur cette dynamique pour mieux anticiper les impacts climatiques sur l’agriculture et le secteur de la pêche, et renforcer la protection des personnes et des biens. Il a plaidé pour une approche participative, une meilleure coordination entre acteurs et la mobilisation des financements nécessaires au projet.

Le ministre du Transport a quant à lui insisté sur le renforcement des capacités nationales de prévention et de résilience, appelant à une planification rigoureuse, à un cadre institutionnel et législatif adapté, et à un accent particulier sur les systèmes d’alerte précoce, la formation spécialisée et la levée des obstacles procéduraux qui freinent l’exécution des interventions.

Des recommandations concrètes adoptées

La session s’est conclue par l’adoption de plusieurs recommandations : la programmation de missions d’audit interne, la création concertée de l’unité de résilience aux catastrophes, et l’accélération du rythme de mise en œuvre des différents axes du programme.