Sauvegarde du patrimoine : Tunisiens et Français à la rescousse de la Ksiba de Bizerte

10-07-2019

La Ksiba de Bizerte fait peau neuve. Ce jour-là, ils étaient une dizaine de bénévoles à travailler sur deux chantiers en parallèle. Burins et masses à la main, une dizaine de personnes, tous volontaires travaillent dans une ambiance chaleureuse malgré un soleil de plomb.

Depuis maintenant cinq ans, la société civile s’est beaucoup mobilisée pour sauvegarder ce patrimoine unique en Tunisie. L’objectif est de restaurer la trentaine de façade du Vieux Port, de celle qu’on appelle la Venise africaine.

Ce projet est né il y a cinq ans, sous l’impulsion de l’association « C’est à vous de changer Bizerte » (CAVCB). Celle-ci est très engagée dans le développement de la ville de Bizerte. Afin de pouvoir porter ce projet d’envergure, CAVCB a décidé de collaborer avec l’Association de Sauvegarde de la Médina de Bizerte et l’Association française « Rempart ». Cette dernière fournie des bénévoles étrangers qui viennent aider les artisans et volontaires locaux dans les travaux de restauration.

Amin Ben Saïd est l’un des quatre architectes qui a imaginé le projet. Il répond aux questions de GnetNews. « Chaque année nous organisons 1 à 2 sessions, d’une durée de 15 jours. Nous avons restauré récemment de l’une des plus vieilles façades de la Ksiba. Il s’agit de l’ancien consulat d’Italie ». Celui-ci a en effet repris des couleurs et une âme. Tel est l’objectif de ce programme. « il s’agit également d’harmoniser le paysage urbain, de rétablir l’authenticité de ces bâtiments et enfin de faire de ce lieu un pôle d’attractivité touristique », ajoute le jeune architecte.

Pour le projet de la Ksiba, deux sources de financement ont permis son aboutissement. En premier lieu, les fonds propres de l’Association de sauvegarde de la médina grâce aux recettes du musée océanographique et du café culturel situé aussi à la Ksiba. Le reste provient de mécénats privés, que ce soit de la part de dons de la part de simples citoyens ou d’entreprises. D’après Amin Ben Saïd, « la rénovation d’une seule façade coûte entre 15.000 et 25.000 dinars.

La Tunisie dispose de l’Institut National du Patrimoine. Malgré cela, les budgets alloués à la sauvegarde du patrimoine tunisien sont, chaque année, revus à la baisse. « Par exemple cette année, seulement deux gouvernorats sur 24 ont pu obtenir des financements », nous raconte l’architecte.

Les porteurs du projet ont fait de nombreuses demandes de subventions auprès gouverneur de Bizerte, Mohamed Gouider…mais en vain.

Autre problème, celui du réseau électrique. Si dans d’autres médinas comme Tunis, Sousse ou Kairouan, les câbles ont été enfouis afin de préserver le charme authentique des bâtisses, à Bizerte, la STEG refuse toujours de réaliser ces travaux. Selon Mr Ben Saïd, « ils ont d’autres priorités ».

Les volontaires étrangers sont entièrement pris en charge par l’association de sauvegarde de la médina en échange de leur aide précieuse. Ils sont encadrés par les maçons permanents du projet. « La présence de bénévoles étrangers est une motivation en plus pour les mécènes. C’est un gage de sérieux », affirme Amine Ben Saïd.

Le chantier n’a pas de calendrier. En effet, l’avancement des travaux dépend des financements. L’objectif pour cet été est d’achever 4 ou 5 façades d’ici la fin de la saison. La prochaine étape sera de s’attaquer aux ruelles qui se trouvent derrière ces façades afin d’harmoniser le tout.

Ce projet montre l’importance de l’action de la société civile au niveau local. L’Etat, de son côté, ne semble pas considérer le patrimoine architectural des villes comme une priorité alors qu’il pourrait considérablement contribuer à leur attractivité touristique.

Wissal Ayadi

1 Auteurs du commentaire
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Gharssali

Puisque la STEG refuse d’enfouir les câbles qui ne veulent pas faire par manque de temps,des possibilités existe comme les introduire dans des baguettes en plastique cache a visser et à peindre plus esthétique et plus logique.

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