Tozeur : les fouilles de « Castilia » révèlent les vestiges d’une cité romaine engloutie sous les sables

01-04-2026

Un partenariat tuniso-italien met au jour, à Degache, une agglomération antique d’envergure autour d’une église du IVe siècle, avec des ateliers artisanaux et des structures encore inexplorées.

Les fouilles archéologiques menées sur le site romain de « Castilia Â», dans la délégation de Degache au gouvernorat de Tozeur, livrent des découvertes de plus en plus significatives. Selon Mourad Chtioui, représentant de l’Institut national du Patrimoine (INP) à Tozeur, les travaux en cours révèlent plusieurs bâtiments accolés à l’église déjà mise au jour, dont des murs situés au nord-est de l’édifice. Ces indices suggèrent que le site renferme en réalité une ville romaine entière, ensevelie sous les sables, qui nécessite des années de recherches approfondies.

Un projet triennial tuniso-italien

Les fouilles actuelles, qui s’étendent du 16 mars au 4 avril 2026, s’inscrivent dans un programme de recherche pluriannuel couvrant la période 2026-2028, mené conjointement par l’INP et l’Université romaine Tor Vergata, dans le cadre d’un accord de coopération internationale entre la Tunisie et l’Italie. Ces travaux s’inscrivent dans la continuité des campagnes de fouilles engagées depuis 2017, qui avaient notamment permis de mettre au jour une église romaine datant du milieu du IVe siècle après J.-C., ainsi que divers objets et céramiques.

Un atelier de plâtre et de nouvelles structures

Les investigations portent actuellement sur un ensemble architectural inédit : une cour rectangulaire entourée d’un bâtiment composé de huit pièces ouvrant sur cet espace central. La présence de traces de combustion du plâtre dans plusieurs de ces pièces témoigne d’une activité artisanale liée à la fabrication de ce matériau de construction. D’autres murs ont également été identifiés au nord de cet ensemble, laissant entrevoir l’étendue encore insoupçonnée du site.

Une équipe pluridisciplinaire à la pointe de la recherche

L’équipe tuniso-italienne réunit chercheurs, enseignants et étudiants issus de disciplines variées, toutes rattachées au patrimoine. Quatre groupes de travail se répartissent les missions : le premier poursuit les fouilles et étudie les céramiques pour dater le site ; le deuxième se consacre à la restauration, à la conservation et à la valorisation du patrimoine ; le troisième analyse les vestiges organiques — ossements et restes végétaux — pour reconstituer les habitudes de consommation des habitants de l’époque ; le quatrième, enfin, étudie les cendres et matières brûlées, une démarche inédite pour les sites romains du sud du Maghreb, qui vise à éclairer les activités économiques et commerciales qui ont caractérisé la cité de Castilia.