Olfa Hamdi présente sa vision pour le développement de la Tunisie

11-02-2020

« Changer la trajectoire économique de la Tunisie : une perspective multidisciplinaire », telle était la thématique de la conférence présentée par la consultante internationale spécialisée dans les grands projets Olfa Hamdi, tenue au centre d’études et de recherche économiques et sociales (CERES).

La jeune dirigeante a présenté sa vision et les solutions qu’elle préconise pour le développement de différents secteurs stratégiques de l’Etat.

Selon sa vision, l’Etat doit investir encore plus dans la « recherche académique ciblée ». Elle a cité le modèle de la Corée du Sud, dont 20% du PIB provient des projets chimiques, qui n’ont évolué, qu’à travers l’investissement de l’Etat dans des recherches scientifiques axée sur l’amélioration de la productivité dans le secteur privé.  

« Ces recherches académiques peuvent durer  de 15 à 20 ans » explique-t-elle.

 « Il s’agit d’études approfondies proposant des solutions palpables, qui seront utilisées plus tard par l’Etat… Ceci n’est pas le cas des thèses des docteurs tunisiens. Ces derniers souffrent malheureusement de chômage et de stigmatisation. Leurs compétences ne sont pas exploitées. Au contraire, ils sont écartés des positions de décision. En Tunisie, les personnes qui ont fait des études poussées, et qui ont le plus de diplômes, sont les moins embauchées… », déplore-t-elle.

La CEO du Concord Project Technologies Inc, a aussi évoqué les questions de l’abandon scolaire en Tunisie. Ces élèves n’ont plus confiance dans l’ascenseur social. Pour elle,  « il faut surtout penser à améliorer les performances de ces jeunes en misant sur le système éducatif tunisien, afin qu’ils puissent trouver un emploi plus tard ».

 A cet égard, elle a rappelé que « les jeunes qui avaient 15 ans en 2011, font désormais partie des électeurs en 2019. Ce sont eux qui décident maintenant de l’avenir politique de la Tunisie, pourtant le taux de réussite durant ces dernières années, connait sa plus grande baisse…»

Concernant la coopération internationale de la Tunisie en matière d’économie, l’experte a expliqué « qu’il ne faut pas considérer la guerre en Libye ou le verrouillage économique en Algérie comme des entraves. Bien au contraire, il faut prendre partie d’abord à la reconstruction de la Libye, en faisant par exemple de la STEG un des premiers fournisseurs d’électricité ».

Quant à l’Algérie, elle a expliqué que « le fait que les investisseurs ne puissent pas investir librement dans leur pays, fait de la Tunisie leur meilleur tremplin…Il faut en faire leur destination préférée pour les vacances, et pour les investissements également ».

Au sujet des énergies renouvelables, elle a rappelé que « l’Union européenne propose les plus importants fonds dans le monde, dans ce domaine. D’autre part, la banque de développement chinoise a mis en place un fond de 70 billions de dollars, pour financer les pays qui souhaitent investir dans les énergies renouvelables. ».

Par ailleurs, l’experte internationale a souligné « qu’il ne suffit pas d’extraire les matières premières à travers les forages de pétrole et de gaz. Il faut inciter les pays qui disposent de ces richesses, à effectuer le raffinement en Tunisie ».

« Mais avant d’adopter ces solutions, la Tunisie doit rendre plus claire son orientation. Est-ce qu’elle est en train d’opter pour une Green Strategy ou elle va céder à la transformation pétrochimique, dédiée aux industries internationales ? ».

Pour conclure, Olfa Hamdi a expliqué que « le rôle de l’Etat est d’améliorer le bien-être des citoyens tunisiens à travers ses politiques. Quel loisir peut-on fournir aux familles tunisiennes et aux jeunes ? Quelle alimentation peut-on leur proposer ? Tout cela dépend des stratégies de l’Etat, qui doit penser à améliorer le pouvoir d’achat, construire des espaces plus sains et plus sécurisés pour ses citoyens, et rendre plus accessibles les espaces de divertissement…Sinon, à quoi sert une croissance économique, si elle n’a pas de répercussion sur notre vie quotidienne. L’objectif de tout cela est de faire de la Tunisie un pays où il fait bon vivre… »

Emna Bhira

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