Affaire Zouheir Makhlouf : Les avocats de la victime parlent à la presse

24-10-2019

Naima Chabbouh et Mohamed Chahdi, les deux avocats de la victime dans l’affaire Zouheir Makhlouf, futur député du parti Qalb Tounes, se sont exprimés aujourd’hui, jeudi 24 octobre, lors d’une conférence de presse organisée par le collectif pour la lutte contre le harcèlement sexuel, tenue au siège de l’association ASWAT.

En effet, l’affaire concernerait une jeune fille de 19 ans, qui a diffusé des photos de Zouheir Makhlouf, alors qu’il était dans sa voiture garée pas loin du lycée, dans une situation contraire aux bonnes mœurs.

« Les images ont bien montré que l’accusé poursuivait la victime par son véhicule, puisque les photos étaient prises, tantôt devant la voiture tantôt à côté », a souligné l’avocate Naima Chabbouh.

Selon elle, la jeune fille a expliqué durant l’enquête qu’elle ne savait pas que la personne en question faisait partie du monde politique, ou même qu’il serait député.

« Elle a partagé les photos du harcèlement, dans un groupe de discussion fermé sur Facebook, afin d’avertir ses copines du danger. Après cela, une de ses amies a divulgué l’identité de l’accusé, et a pris l’initiative de les rendre publique, dans le but de protéger ses camarades… »

En réaction à la diffusion massive des photos, l’affaire a été renvoyée au ministère public, qui a convoquée la victime et le futur député.

« Suite à une première investigation, deux plaintes ont été déposées contre Zouheir Makhlouf, pour harcèlement sexuel, et exhibition ».

Mohamed Chahdi a révélé que, jusqu’à maintenant le membre de Qalb Tounes a démenti les faits, sous prétexte qu’il souffrait d’une maladie qui l’oblige à se soulager dans sa voiture, une fois il avait une envie pressante d’uriner.

L’accusé a même assuré qu’il va rendre son dossier médical public au tribunal…

A ce sujet, l’avocate chargée de l’affaire, a confirmé que la défense n’a reçu aucune autre information qui pourrait justifier les délits, ou changer le cours de l’affaire.

«Si les accusations seront confirmées, le présumé coupable sera jugé de deux ans fermes. En revanche, sa peine sera aggravée pour atteindre 4 ans, au cas où il présente au tribunal de fausses informations…».

Quant à la question de l’immunité parlementaire, Naima Chabbouh a évoqué l’article 68, de la constitution tunisienne qui dit « qu’aucune poursuite judiciaire civile ou pénale ne peut être engagée contre un député, ni celui-ci être arrêté ou jugé, en raison d’opinions ou de propositions émises ou d’actes accomplis en rapport avec ses fonctions parlementaires ».

L’avocate a souligné aussi que Zouheir Makhlouf n’a même pas commencé ses fonctions parlementaires, et n’était pas investi d’une quelconque fonction politique, pendant les faits.

« Le texte juridique est clair, l’immunité n’épargne aucun représentant du peuple des poursuites judiciaires », selon l’article 68, a-t-elle conclu.

Emna Bhira

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