Béji Caïd Essebsi fait honneur à la Tunisie de son vivant et après sa mort

26-07-2019

Rarement la disparition d’un dirigeant n’a suscité autant d’émotions et de vagues de sympathie en Tunisie, et à travers les quatre coins de la planète. Notre défunt président qui est parti vers l’au-delà, à quelques mois de la fin de son quinquennat, force le respect et l’admiration, et suscite l’affection pour les innombrables qualités humaines et politiques dont il se prévalait.

Dès que sa disparition a été annoncée, un sentiment de tristesse s’est emparé du pays tout entier, peuple, classe politique, et organisations. Le chagrin a franchi les frontières pour se saisir des dirigeants de ce monde, ainsi que de hauts responsables, et personnalités internationales dont la majorité faisait partie de son large réseau de connaissances…tous ne tarissent pas d’éloges sur le militant, l’homme politique et le leader qu’il était, saluent sa mémoire, et reviennent sur sa longue expérience, et son riche parcours au service de l’Etat. L’homme  a accompagné la Tunisie à toutes les étapes de son histoire contemporaine : la période coloniale, le mouvement national, l’indépendance, la construction de l’Etat national, la période postrévolutionnaire, et de transition démocratique, en tant que Premier ministre, et puis en tant que président de la république.

Sur la scène nationale, le défunt président fait l’unanimité pour être un patriote, amoureux de la Tunisie, son indépendance et son invulnérabilité. Ses adversaires politiques lui rendaient depuis hier un hommage aussi appuyé,  que ses sympathisants et partisans.

La Tunisie donne encore une fois l’exemple
Son décès hier, jeudi 25 juillet, a uni les Tunisiens, dans la douleur, la compassion et l’inquiétude pour la suite, laquelle s’est vite, au grand soulagement, dissipée.

Au-delà de l’amertume, la Tunisie a donné hier, comme à son habitude, un exemple au monde. Un pays capable de prendre son destin en main, dans les moments les plus éprouvants. Les institutions ont bien fonctionné pour prouver à ceux qui en doutent, que le cheminement démocratique est irréversible, comme ne cessait de le réitérer notre défunt président. En dépit des insuffisances juridiques et de l’absence de la Cour constitutionnelle, les dispositions de la loi fondamentale, ont été appliquées au pied de la lettre, et la vacance a été pourvue séance tenante. Mohamed Ennaceur est désormais président par intérim, et occupera la fonction jusqu’à la tenue d’une élection anticipée, pour élire au suffrage universel direct, un président de la Tunisie, comme l’a été BCE, en 2014, le premier président de la Tunisie, démocratiquement élu, à la faveur de la volonté du peuple souverain.

« La patrie, avant les partis »
La mort, est toujours un moment grave et solennel, qui vient nous rappeler le caractère insignifiant et éphémère de la vie. C’est aussi le temps de la remise en cause, de l’humilité et de la cohésion. Puisse feu Béji Caïd Essebsi qui a toujours plaidé pour l’unité nationale et s’est évertué à lui donner corps dans sa vie, réussisse à fédérer après sa mort. La classe politique qui salue, en chœur, la mémoire du défunt chef de l’Etat, devra être en mesure de poursuivre le travail. Chose qui nécessité que les querelles politiciennes, et les calculs électoralistes soient mis de côté, que l’intérêt national suprême transcende, et que cette formule culte du chef de l’Etat : « la patrie, avant les partis » soit le crédo de tous, à un moment où la Tunisie est à la veille d’élections présidentielle et législatives décisives, et que la classe politique est bousculée, face à un calendrier électoral inversé.

Demain, samedi 27 juillet, les Tunisiens feront leurs adieux à Béji Caïd Essebsi dans des funérailles solennelles, en présence de plusieurs dirigeants et de hôtes étrangers. Son oraison funèbre serait, prononcée, selon toute vraisemblance par Mohamed Ennaceur, président de la Tunisie par intérim, au milieu des larmes, d’une vive émotion et d’un profond chagrin.

Comme tous les personnages importants, l’ombre de Béji Caïd Essebsi planera toujours sur la scène nationale, et son nom sera gravé dans l’histoire, comme un président qui est décédé en exercice, mettant ainsi à l’épreuve la résilience de l’édifice tunisien. A fortiori que la commémoration de sa mort sera à jamais liée à la fête de la république. Une coïncidence symbolique dont Dieu, le tout puissant, l’a gratifiée. Qu’Allah lui accorde son infinie miséricorde et l’accueille dans son éternel paradis.

H.J.

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