Brexit: Le risque d’un No Deal se précise après le vote des Communes

30-03-2019

Reuters – Les députés de la Chambre des communes ont rejeté vendredi, pour la troisième fois depuis janvier, l’accord de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne par 344 voix contre 286, le jour même de la date initialement prévue pour le Brexit.

A la suite de ce nouveau rejet, le Royaume-Uni devrait quitter l’UE sans accord le 12 avril, sauf si Londres présente d’ici là une alternative et demande un nouveau report.

Aussitôt connue l’issue du vote, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé la tenue d’un sommet de l’UE le 10 avril.

A l’issue du débat à Westminster, la Première ministre Theresa May avait exhorté les députés à voter en faveur de l’accord, jugeant que c’était la dernière occasion pour garantir que le Brexit ait bien lieu.

Accepter l’accord, avait-elle souligné, devait écarter le risque d’un report prolongé de la date du Brexit susceptible de remettre en cause le principe même de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Elle n’a pas été entendue.

« Je crains que nous ayons atteint les limites de ce processus à la Chambre », a-t-elle déclaré après sa nouvelle défaite. « Les implications de la décision de la Chambre sont graves », a ajouté la Première ministre, qui devrait débattre dans les prochaines heures et les prochains jours avec les membres de son cabinet des suites à donner à la procédure de divorce avec l’Union européenne.

La dirigeante britannique, qui avait mis sa démission dans la balance pour tenter de trouver une majorité sur l’accord de divorce négocié avec les Européens, dispose de deux semaines pour convaincre ses 27 partenaires européens qu’elle dispose d’une solution. A défaut, ainsi qu’elle l’a redit devant les Communes, ce sera un « No Deal », une sortie sans accord que redoutent les milieux économiques.

Pour éviter ce « saut dans le vide », Londres pourrait demander un nouveau, et long, report de la date du divorce (mais les Britanniques devraient alors participer aux élections européennes de la fin mai) ou en passer par de nouvelles élections. Il est également possible, en théorie, d’annuler toute la procédure de divorce, ce que redoutent les plus ardents Brexiters qui se sont rassemblés vendredi devant Westminster.

Lire aussi

Économie Économie Économie Économie 8ans après le 14 janvier, les cinq maux de la Tun