Circulaire BCT sur les importations : la Conect tire la sonnette d’alarme

01-04-2026

La suppression du financement bancaire pour les importations « non prioritaires » inquiète vivement le patronat, qui redoute un impact sévère sur les PME et l’emploi.

La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a exprimé, ce mercredi 1er avril 2026, de vives préoccupations face à la nouvelle circulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT), qui oblige désormais les importateurs de produits jugés « non prioritaires » à financer intégralement leurs opérations sur fonds propres, sans possibilité de recourir au crédit bancaire.

Une liste de produits étendue

La mesure couvre un large spectre de marchandises : produits alimentaires (fruits, noix, fromages, miel, pâtes, boissons), articles d’hygiène et de cosmétique (shampoings, dentifrices, savons, maquillage), équipements domestiques et mobilier (électroménager, literie, climatiseurs), certains matériaux de construction, ainsi que la papeterie, les articles de loisirs et les bateaux de plaisance. Des dérogations sont prévues pour les marchés publics, les opérations engagées antérieurement, les industries disposant d’une fiche technique et les régimes de perfectionnement actif. La BCT justifie cette décision par la nécessité de réguler le commerce extérieur et de préserver les réserves de change.

Un précédent peu concluant

La Conect rappelle qu’une mesure similaire avait déjà été tentée entre 2017 et 2019, avant d’être abandonnée. Sa réintroduction dans un contexte institutionnel et économique fragilisé est jugée particulièrement hasardeuse. Le patronat craint surtout que cette disposition ne pénalise lourdement les petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 97 % du tissu économique national, au profit des grands groupes disposant de la trésorerie nécessaire pour absorber ce type de contrainte.

Des risques sociaux et sanitaires sérieux

Au-delà de l’impact économique, la Conect alerte sur les conséquences sociales de la mesure : suppressions d’emplois, notamment parmi les jeunes et les travailleurs précaires, et risque de pénurie de certains produits médicaux essentiels. La confédération appelle à un dialogue urgent avec les autorités monétaires avant toute mise en œuvre effective de la circulaire.