Croissance de 2,3% en 2019 et de 2,6% en 2020 en Tunisie mais halte à la dette publique (Moody’s)

28-06-2019

TAP – Après une croissance faible en Tunisie au premier trimestre 2019, l’agence de notation internationale Moody’s prévoit une croissance annuelle de 2,3% en 2019 et de 2,6% en 2020, et attire l’attention sur la faiblesse de la solidité financière du pays et sur la hausse du ratio de la dette publique, selon un communiqué, reçu jeudi, par l’agence TAP.

Dans ce communiqué qui se réfère au rapport « Moody’s Investors Service », l’agence de notation américaine explique que la croissance est due à une « relance économique naissante tirée par le tourisme, l’agriculture et le secteur manufacturier » mais constitue toujours un des défis du pays en matière de crédit.

Moody’s prévoit également, une baisse progressive de l’inflation pour atteindre 6,2% en fin d’année fin 2019 et 5,7% en décembre 2020 et s’attend à la réalisation de l’objectif gouvernemental de 3,9% de déficit cette année, compte tenu du bilan de l’exécution du budget au cours des deux dernières années.

Cependant, pour Moody’s «les difficultés de la Tunisie en matière de crédit (négatives B2) incluent la détérioration structurelle de sa solidité budgétaire », rappelant que « le ratio d’endettement a fortement augmenté pour atteindre 77% du PIB fin 2018, contre 70,4% en 2017 ».

« La dynamique des comptes courants a continué de se détériorer en 2018, exacerbant les pressions sur le financement externe et pesant sur la dynamique des réserves de change », a-t-elle encore signalé. Pour Moody’s « la masse salariale dans le secteur public et les subventions limitent la flexibilité des dépenses du gouvernement sans réduire les projets d’investissement public ».

Et de réitérer que « des preuves d’une réduction soutenue des déséquilibres extérieurs et budgétaires, accompagnée d’une stabilisation et des perspectives d’augmentation régulière des réserves de change pourraient soutenir un changement des perspectives de stabilité ».

« Inversement, un déclassement serait probable en cas de retard ou d’augmentation sensible du coût du financement extérieur, éventuellement lié à une mise en œuvre incomplète du programme de réformes économiques convenu avec le FMI » lit-on encore, dans le communiqué.

Pour rappel, l’agence de notation Moody’s avait maintenu inchangée, en octobre 2018, la note de la Tunisie à B2, mais elle avait abaissé les perspectives économiques du pays de « stables » à « négatives ».

Elle avait noté que les perspectives négatives de la note de la Tunisie témoignent d’une augmentation des risques de vulnérabilité externe dans un contexte de resserrement des conditions de financement au niveau mondial.

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