Don d’organes en Tunisie : une dynamique retrouvée, mais des besoins toujours criants

18-08-2026

L’activité du Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes a connu un nouvel élan ces derniers mois, avec une progression du nombre de familles ayant accepté de faire don des organes de leurs proches déclarés en état de mort cérébrale.

Entre avril et le 15 août 2026, des prélèvements ont ainsi pu être réalisés sur 11 donneurs en état de mort cérébrale, permettant de greffer 31 patients, dont six enfants, toutes les opérations s’étant soldées par un succès. C’est ce qu’a indiqué, ce mardi, Bouthaina Zennad, coordinatrice au sein du Centre et responsable de la sensibilisation au don d’organes.

Une reprise après une période de stagnation

Dans des propos recueillis par l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), Bouthaina Zennad a expliqué que cette évolution intervient après une phase de relative stagnation constatée en début d’année. Selon elle, la hausse du nombre de familles donneuses illustre la complémentarité des efforts déployés par l’ensemble des intervenants du processus de don et de transplantation.

22 greffes de rein réalisées en quatre mois et demi

Entre avril et le 15 août 2026, le bilan fait état de 22 greffes de rein — dont six chez des enfants —, ainsi que de trois greffes du foie et six greffes du cœur. À ces chiffres s’ajoutent des greffes de cornée, qui ont permis à 15 personnes de recouvrer la vue.

L’ensemble de ces interventions a été réalisé dans des établissements hospitaliers répartis à travers plusieurs gouvernorats du pays, fruit d’une coordination étroite entre le Centre national, les équipes médicales et paramédicales, les services administratifs, les établissements de santé et les différents acteurs concernés.

Près de 1 600 patients toujours en attente d’un rein

Bouthaina Zennad a par ailleurs tenu à souligner l’ampleur des besoins encore non satisfaits en matière de transplantation. La liste d’attente des patients souffrant d’insuffisance rénale et nécessitant une greffe compte actuellement environ 1 600 personnes sous dialyse.

Les listes d’attente pour les greffes de cœur et de foie restent, en comparaison, plus limitées, ne dépassant pas la cinquantaine de patients par an — une situation que la responsable explique notamment par le fait que de nombreux malades concernés décèdent dans l’année suivant leur inscription. Elle a souligné que la progression annuelle du nombre de patients en attente demeure nettement supérieure au nombre de greffes effectivement réalisées.

Le refus familial, principal obstacle

Parmi les freins majeurs identifiés figure le refus de certaines familles d’autoriser le prélèvement d’organes sur un proche déclaré en état de mort cérébrale — une réticence qui limite considérablement les chances de survie des patients en attente de greffe.

Un hommage appuyé aux familles donneuses

Bouthaina Zennad a enfin tenu à saluer le rôle des familles de donneurs, qu’elle considère comme les véritables artisanes de cet « acte humain noble ». Malgré la douleur de la perte d’un être cher, ces familles choisissent d’offrir, à travers le don d’organes, une nouvelle chance de vie à d’autres patients.

La responsable a néanmoins rappelé que de nombreux cas de mort cérébrale ne débouchent toujours pas sur un prélèvement d’organes, alors que ces dons pourraient contribuer à sauver la vie de plusieurs personnes actuellement en attente d’une transplantation.