Du Jebal Lahmer à Elversberg : Le football à visage humain
Le football peut écrire les plus puissants des romans populaires. Elversberg est un petit village de 13 000 habitants en Allemagne et qui s’est invité à la table de la Bundesliga.
En à peine quatre ans, le club est passé de l’ombre des divisions amateurs à la lumière des projecteurs. Sans folies financières mais avec une vision et des investisseurs locaux, particulièrement les enfants du village qui détiennent Ursapharm. Les joueurs ? Ils proviennent d’une académie bourrée de gamins du village et des communes voisines.
Le résultat est digne d’un conte de fée. Lors du premier match avec l’élite, Elversberg a terrassé le Bayer Leverkusen (3/2) avant de se déplacer chez Gladbach et s’imposer (4/3). Lors du premier match à domicile, environ 10 000 villageois se sont entassés dans des tribunes d’une capacité maximale de 11000 places. Autant dire que presque toute la population était là.
Cette histoire trouve un écho vibrant, presque miroir, dans les rues de Tunis là où la Jeunesse Sportive d’El Omrane raconte le football avec la même audace, ou presque. Un tout petit club du quartier du Jebel Lahmer qui n’a peur de personne et qui s’est même offert un succès historique et retentissant face à l’Espérance de Tunis en plus d’un nul à Sousse contre l’Etoile du Sahel.
Mais, contrairement à Elversberg, la JSO mène son combat dans la solitude. Privée de la marée humaine des supporters qui oeut faire bouger des montagnes et qui gère ses ressources au jour le jour. À l’opposé de la ferveur partagée à Elversberg, c’est l’héroïsme silencieux et solitaire au Jebel Lahmer.
Ce dimanche, la JSO a encore gagné. Cette fois, elle a dominé l’ES Metlaoui. C’est le deuxième succès de la saison en quatre matchs. Les joueurs d’Elversberg ont été battus de justesse par le géant bavarois,le Bayern Munich.
Qu’arrivera-t-il lors des semaines ou mois à venir ? Personne ne le sait. Mais, quoi qu’il en sera, ces deux équipes ont rappelé, chacune dans son contexte, qu’avec du courage et de la méthode, la passion existe encore dans un football moderne où le business règne.