Khalbous évoque les réformes menées à l’université pendant son mandat (Vidéo)

13-12-2019

A la veille de la formation du futur gouvernement, il est temps pour les ministres sortants d’établir le bilan de leurs actions. Ce vendredi c’était au tour de Slim Khalbous, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de se prêter à l’exercice. C’est lors d’une conférence de presse tenue à Tunis qu’il a pu décliner les grandes réformes qu’il a entreprises durant trois ans.

« A mon arrivée, j’ai trouvé un ministère à l’arrêt », explique Slim Khalbous. Ainsi, la première de ses missions a été de remettre tous les acteurs autour de la table afin « d’aplanir les nombreux conflits en interne », souligne-t-il. Pour la première fois, deux assises nationales ont été organisées. La première a réuni les enseignants et les chercheurs, la deuxième, les étudiants. « Pour entreprendre de grandes réformes, il faut le faire d’une manière collective. Il fallait donc renouer le dialogue », assure-t-il.

Pour rappel, le mandat de Slim Khalbous n’a pas été de tout repos. Ses trois années passées à la tête de ce ministère ont vu passer de nombreuses grèves qui ont, par moment, complètement bloqué l’année universitaire. Pour faire face à cela, le ministère s’est doté de plusieurs Centres de Médiation Universitaire.

Slim Khalbous explique que « ces structures n’existent nulle part ailleurs dans le monde ». Leur objectif est d’anticiper les facteurs de tension pouvant provoquer des conflits et ancrer la culture du dialogue comme mode de résolution des conflits.

« Une fois les tensions apaisées et le dialogue renoué, nous avons pu réfléchir à l’avenir de l’université tunisienne », affirme le ministre.

Ainsi, le MESRS a entrepris quatre grandes réformes a travers les axes suivants:

  • La méthodologie et la gouvernance
  • La pédagogie et l’employabilité
  • Les rôles et statuts des acteurs
  • La recherche et l’internationalisation

Travailler sur l’employablité des diplômés de l’université
« Réformer l’université pour qu’elle forme et accompagne l’étudiant afin qu’il soit le plus employable possible ». C’est ce qu’a martelé Slim Khalbous durant les deux heures qu’a duré la présentation des principaux axes de son travail au sein du MESRS.

Le taux de chômage élevé chez les diplômés est l’un des principaux fléaux qui ronge la jeunesse. Une situation qui la conduit à une situation sociale précaire ou, pour les plus chanceux, à immigrer vers d’autres pays, laissant la Tunisie orpheline de ses « cerveaux » les plus éminents.

Pour faire face à cela, Slim Khalbous a opté pour une approche plus professionnelle de l’Université.

« L’ouverture de l’université aux stages en entreprise et l’international ont permis une meilleure commercialisation des diplômes », nous explique Khalbous.

Le ministère a donc mis en place une période de stage en entreprise obligatoire pour les étudiants afin qu’ils se familiarisent avec le milieu professionnel. D’après le ministre, c’est une manière de développer les « SOFT SKILLS », pour une meilleure employabilité à la sortie de la faculté.

Autre petite « révolution », comme l’appelle le ministre, la mise en place de la formation par alternance. Il s’agit de permettre aux étudiants d’étudier un mois et de travailler l’autre mois.

Le ministère a également crée le statut d’étudiant entrepreneur qui va permettre notamment à de nombreux jeunes ayant des idées innovantes de créer leur propres start-up.

Autre facteur d’employabilité, l’accréditation internationale des universités. En trois ans, le ministère a réussi a faire accréditer les diplômes de trois universités publiques pour un budget de 50 millions de dinars.

« D’ici deux à trois ans, il faut que toutes les universités tunisiennes soient reconnues à l’étranger ».

L’étudiant, le pivot de l’université
Le ministère de l’enseignement supérieur a alloué une enveloppe de 148 millions de dinars pour 100.000 boursiers qui représentent 45% du corps étudiant. Pour encourager la mobilité à l’étranger, 1200 bourses ont été distribuées et 1600 stages et formation ERASMUS offerts.

En ce qui concerne les prêts et les aides sociales, le montants ont été multipliés par deux.

Revalorisation de l’enseignant et du chercheur
Slim Khalbous considère l’enseignant comme étant le pilier de l’université. Ainsi, leur mission a été revalorisée grâce à la mise en place de primes et d’avantages. Primes pédagogiques (prime de rentrée et de coordination), avantages sociaux (mutuelle, conventions d’entreprises), avantages techniques ou encore primes d’encadrement et de production scientifique en vue d’encourager à la recherche. Autant de nouveautés qui permettent de meilleures conditions de travail.

Par ailleurs, le budget alloué aux structures de recherche est passé de 11 millions de dinars en 2017 à 21 millions d’ici 2020.

Remise aux normes des infrastructures
Les universités tunisiennes ont été longtemps laissées à l’abandon, mettant étudiants et enseignants dans des conditions de travail difficiles. Ainsi, grâce à une augmentation de son budget de 11% en trois ans, le MESRS a réhabilité de nombreux établissements. Entre 2016 et 2019 pas moins de 16 institutions ont pu être remises à jour.

Dans quelques heures, Slim Khalbous démissionnera officiellement de son poste de ministre. En effet, le 08 décembre dernier il a été élu recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie à Montréal au Canada, pour un mandat d’au moins 4 ans.

Retrouvez ci-dessus en vidéo la déclaration de Slim Khalbous.

Wissal Ayadi

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